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KAPITTEL 4: METODE

4.1 Kvantitative og kvalitative metoder

La vision contextuelle de l’autonomie reproductive a été développé et discuté par Erin Nelson dans son livre « Law, Policy and Reproductive Autonomy » publié en 2013. En offrant des critiques quant à la conception libérale de l’autonomie reproductive qui sont similaires à celles soulevées par les féministes et mentionnées ci-haut, Nelson développe un cadre de

Au cours de ma lecture de ce cadre, je me suis aperçue que Nelson n’offre aucune définition spécifique et claire de la vision contextuelle de l’autonomie reproductive. Par contre, tout le long du chapitre, l’auteure expliquait comment ce cadre fonctionne en employant un vocabulaire démontrant la façon dont il opère, j’en cite: A contextualised conception of autonomy « demands that », « asks us », « will highlight », « go farther to include ». D’une façon générale, on peut remarquer que l’auteure cherche à étendre la portée de la version classique de l’autonomie reproductive – que j’ai présentée ci-haut – de la nuancer et de l’articuler d’une manière à intégrer les facteurs et les circonstances entourant la prise de décision. Par exemple, en invitant à considérer les éléments favorisant ou limitant la prise de décision et influençant donc le choix d’une certaine façon tel que les facteurs socio-culturels, légal et politique.

De plus, afin d’illustrer comment ce cadre diffère de celui de l’autonomie reproductive, Nelson se fondait sur la comparaison entre les deux cadres et la manière dont ils opèrent en se référant à des exemples concrets. Ainsi, dans le but d’illustrer le fonctionnement de son cadre et d’élucider le contraste entre l’articulation libérale de l’autonomie reproductive et la conception contextualisée de l’autonomie, Nelson présente divers exemples entres autres, le suivant.

Un couple, dont le partenaire homme souffre d’une infertilité causée par un faible nombre de spermatozoides consulte un spécialiste en matière de fertilité. Ce dernier en discute avec le couple des options disponibles selon leur cas : il leur mentionne ainsi, d’une façon brève et sans encourager les questions, la technique d’insémination artificielle par donneur. Par contre, le spécialiste met l’accent sur la technique de Fécondation-In-Vitro avec Microinjection Intracytoplasmique d’un Spermatozoide (ou ICSI), qui leur permettra d’avoir un enfant qui leur est génétiquement relié. Après une discussion avec leurs familles et leurs amis, et étant conscients de leurs options, le couple revient dans quelques semaines chez le spécialiste et l’informe de sa décision d’aller avec la technique de FIV-ICSI. D’après Nelson, selon l’articulation libérale de l’autonomie reproductive, cette décision semble être autonome : le

couple a été informé des options qui lui sont disponibles, il a considéré ces options et est arrivé à une décision (Nelson, 2013a, p. 49).

Cependant, et avant de conclure que la décision est autonome, une perspective axée sur le contexte - ou selon Nelson, a context-focused perspective - devrait examiner d’autres facteurs, au moins de la part de la femme. Ainsi, compte tenu des attentes de la société envers les femmes à l'égard de la procréation et la volonté des femmes de se conformer/s’adapter aux ressentis de leur partenaire concernant les traitements de l'infertilité, le respect de l'autonomie de la femme nécessite plus de temps de la part du professionnel de la santé qui devrait apporter de minutieuses explications au sujet des risques, des coûts et des taux de réussite de l’insémination par donneur en comparaison avec la FIV-ICSI. De ce fait, Nelson considère qu’en prenant une vue plus large de ce qui rend une décision autonome, il se peut que des facteurs contextuels autrement cachés seront éclairés. Nelson ainsi stipule que (Nelson, 2013a) :

« In the end, the decision might be the same, but the contextualised view asks us to widen the lens through which we contemplate the autonomous nature of the decision, and to think beyond informed consent in terms of how we understand autonomy » (Nelson, 2013a, p. 50).

Dans cette perspective, l’auteure note l’importance de tenir compte du contexte dans lequel la décision reproductive est prise et des diverses influences qui façonnent le choix reproductif (Nelson, 2013a):

« In addition to directing our focus more broadly, a deeper, contextualised understanding of reproductive autonomy directs us explicitly to consider the social, institutional and policy contexts that play a role in shaping reproductive decisions » (Nelson, 2013a, p. 50).

Plus particulièrement, Nelson précise qu’une conception plus riche de l’autonomie reproductive insiste « that we attend to both the political and the personal autonomy implications of reproductive autonomy ». L’auteure poursuit en soulignant qu’une partie de ce contexte « [...] that we need to be concerned with is the question of whether we are at liberty to make the choice in question » (Nelson, 2013a, p. 46). Dans ce sens, il faut considérer l’éventail des

(Nelson, 2013a, p. 50). Par exemple, dans le but de prendre une décision autonome relative à une interruption de la grossesse, une telle option doit - idéalement - être disponible. Dans une société où l’avortement est légalement interdit, une femme enceinte ou un couple peut prendre une décision autonome d’interrompre la grossesse mais ne pas donner suite à leur décision.

Une autre facette de ce contexte, est le contexte social et relationnel de la femme enceinte ou du couple qui tente d’effectuer un choix. Voudrait-il/ elle mener à terme la grossesse et s’occuper de l'enfant à naître avec des besoins particuliers, cependant il/ elle se sent incapable de poursuivre ce choix à cause de la présence de certaines difficultés financières ? Dans un tel cas, si le couple ou la femme enceinte choisit d’interrompre la grossesse, leur décision peut ne pas être considérée comme étant autonome du point de vue du cadre de la vision contextuelle de l’autonomie reproductive, dans la mesure où cette décision se trouve en conflit avec les propres valeurs de la femme ou du couple (Nelson, 2013a). Dans cette logique, et de façon intéressante, Nelson fait appel à l’État qui semble, selon ce cadre, avoir un certain rôle - ce qui n’est pas le cas avec l’articulation libérale de l’autonomie reproductive qui, selon Robertson, se concentre sur la neutralité de l’État - et affirme ainsi (Nelson, 2013a) :

« In order to create conditions in which reproductive autonomy can be meaningfully exercised, the State’s obligations go beyond simply allowing women to continue or terminate pregnancies, to demanding the provision of support that makes both choices realistically available » (Nelson, 2013a, p. 46).

La lecture du cadre de la vision contextuelle de l’autonomie reproductive m’a permis de faire ressortir quelques éléments principaux et qui, apparemment, entre autres, semblent constituer ce cadre et qui seront pertinents et employés ultérieurement dans l’analyse et la discussion de mes données.

Les femmes se trouvent au coeur de ce cadre. Ainsi, selon Nelson, « this framework…places reproductive decisions engaging women’s bodily integrity at its core. » (Nelson, 2013b, p. 55). De manière intéressante, l’auteure insiste sur les intérêts et les besoins des femmes qui devraient être pris en considération dans le respect de leur autonomie reproductive et encadre exclusivement sa discussion autour d’elles, me laissant me questionner

de ce qu’il est advenu des hommes. Cependant, elle revient pour répondre en notant ce qui suit (Nelson, 2013b) :

« [w]hen law and policy fail to respect reproductive autonomy, although it is problematic for women and men alike, it is particularly troubling for women. Reproduction takes places in a context within which women’s bodies, needs and interests have a central role. Reproductive activity is literally located within women’s bodies » (Nelson, 2013b, p. 56). Ainsi, quoique l’auteure reconnait le rôle des hommes dans la reproduction, elle considère que les décisions reproductives impliquent de prime abord les femmes, surtout compte tenu de l'effet disproportionné que les activités reproductives possèdent sur la vie des femmes, sur leurs perspectives et choix de vie futurs, ainsi que sur les « corporeal burdens of both fertility and infertility » (Nelson, 2013b, p. 68) qui leur sont, principalement, assumés.

Le contexte est particulièrement important dans la prise de décision reproductive et permet de mettre en évidence la façon dont l’autonomie reproductive des femmes est influencée par les réalités et les contraintes sociales, institutionnelles et politiques. De ce fait, l’approche contextuelle invite, entre autres, à prendre en compte le réseau de relations, au niveau personnel et publique, dans lequel s’effectue la prise de décision de la femme. Par exemple, leurs relations intimes avec leurs partenaires et d’autres membres de la famille - tel que les enfants -, leurs relations avec les professionnels de la santé ainsi que le système de soins de santé. Toutes ces relations pouvant influencer d’une certaine façon la prise de décision reproductive.

L’application du cadre de la vision contextuelle de l’autonomie reproductive à mon projet de thèse me permettra de répondre à ma question de recherche tout en tenant compte du contexte élargi dans lequel se fait la prise de décision quant à l’acceptation ou le refus du TPNI. Dans ce sens, les contextes de mon projet de thèse sont détaillés dans le chapitre suivant. De plus, l’application du cadre de la vision contextuelle en complémentarité des contextes culturels et religieux dans lesquels ma collecte des données a pris lieu, sera élucidé notamment dans l’analyse de mes résultats et la discussion de mes données.