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What do teachers perceive as the main challenges in the implementation

6.2 Discussion of the findings

6.2.1 What do teachers perceive as the main challenges in the implementation

Les Marquises présentent de nombreuses particularités, parmi celles ayant déjà été évoquées, les processus physiques locaux pourraient être à l’origine de la richesse des eaux baignant les Marquises en éléments nutritifs. En effet, les eaux superficielles autour des Marquises (milieu hauturier) présentent des concentrations importantes en nutriments, les concentrations en nitrate (NO3-) et phosphate (PO4-) sont supérieures à 1 µM et 0.3 µM respectivement (Claustre et al., 2008; Raimbault et al., 2008; Rodier et Martinez, 2012). Ces concentrations sont 100 fois supérieures à celles mesurées dans le gyre subtropical du Pacifique Sud. Le nord de l’archipel présente des eaux plus riches en nutriments que le sud, par exemple pour le nitrate les concentrations relevées en 2012 sont entre 3 et 5 µM pour le nord et entre 1 et 2 µM pour le sud. La concentration moyenne en fer dissous sur l’ensemble de l’archipel en milieu hauturier est de 0.16 ± 0.02 nM entre 0 et 80 m de profondeur (Blain et al., 2008). Les eaux de surface marquisiennes présentent donc des valeurs assez faibles en fer dissous, semblables à celles mesurées au centre du gyre subtropical (0.13 ± 0.03 nM ; Martinez et al., 2016). Toutefois, la richesse en nitrate et phosphate semblent favorables au maintien d’une productivité primaire élevée en comparaison avec les eaux oligotrophes avoisinantes.

Une des caractéristiques marquantes est la quasi-absence de bio-constructions récifales actuelles, les seules formations récifales coralliennes connues se situent dans les baies d’Anaho (Nuku Hiva) et d’Hanahevane (Tahuata) (Brousse et Chevalier, 1978; Chevalier, 1978; Andréfouët et al., 2014). Ainsi, l’archipel est dominé par des habitats marins rocheux, aspect original dans une région où les habitats coralliens dominent (Agence des Aires Marines Protégées, 2016). Aux Marquises les communautés coralliennes sont dispersées et

31 se présentent majoritairement sous la forme de placage sur les roches, mais des peuplements denses de coraux ont également été signalés sur certains sites (Andréfouët, com. pers., 2015; Planes, com. pers., 2015). L’inventaire récent effectué lors de la campagne Pakaihi i te Moana dénombre actuellement 35 espèces de coraux aux Marquises. Cette richesse spécifique est très faible au regard des peuplements observés dans le reste de la Polynésie française (127 espèces recensées pour l’archipel de la Société), mais elle reste cohérente avec celle connue aux îles Galápagos (38 espèces recensées) (Benzoni et Pichon, 2016). Une particularité de l’assemblage d’espèces marquisien est l’absence de taxons très communs ailleurs en Polynésie, tel que les espèces appartenant au genre Acropora (Chevalier, 1978). Les peuplements coralliens sont dominés par des Porites massifs et des Millepora généralement à de faibles profondeurs (entre 5 et 15 m ; comm. pers. F. Benzoni). De plus, le recouvrement corallien est minimal en comparaison avec les autres îles polynésiennes, le pourcentage moyen de couverture corallienne ne dépassant pas les 3.5 % tous genres confondus (données SO CORAIL, 2018). Le faible développement corallien observé aux Marquises est un phénomène que les spécialistes ont encore du mal expliquer, ceux-ci le nomment l’« anomalie marquisienne ». Plusieurs facteurs sont toutefois évoqués comme pouvant jouer un rôle, ainsi l’isolement de l’archipel, la géomorphologie et les conditions environnementales (e.g. courants forts, eaux riches en nutriments, flux terrigènes, etc.) seraient défavorables à la croissance et la biodiversité corallienne (Martinez et Maamaatuaiahutapu, 2004; Benzoni et Pichon, 2016). Néanmoins, l’état de santé des colonies coralliennes, évalué en 2012 lors de Pakaihi i te Moana, a été jugé comme étant globalement bon (Payri et al., 2012).

À l’instar des communautés coralliennes, aux Marquises la biodiversité des peuplements côtiers en général est relativement faible en comparaison des communautés de l’Indo-Pacifique. Toutefois, l’archipel présente un assemblage unique d’espèces côtières avec des espèces présentes dans d’autres régions du Pacifique (Est, Hawaii, autres archipels polynésiens), qui ont réussi à s’adapter à l’environnement marquisien particulier, mais également une proportion importante d’espèces endémiques pour plusieurs groupes taxonomiques. Les téléostéens côtiers présentent un taux d’endémisme d’environ 13.7 %, soit 68 espèces sur les 495 décrites à ce jour (Delrieu-Trottin et al., 2015), cet endémisme exceptionnel place l’archipel au troisième rang pour l’ichtyofaune côtière dans le Pacifique (Ile de Pâques : 20.3 %, Hawaii : 17.5 % ; Planes et al., 2016). Les espèces endémiques représentent également une part importante chez les mollusques (59 espèces sur 627

32 identifiées ; Bouchet et Tröndle, 2016) et les crustacés (37 espèces sur 411 identifiées ; Poupin, 2016), soit environ 9 % d’endémisme. Le groupe des échinodermes, dont l’inventaire est encore parcellaire, présente 4 espèces endémiques pour 70 espèces recensées à ce jour (Paulay et al., 2016), soit un taux d’endémisme d’environ 6 %. Concernant les éponges (52 espèces minimum) et la flore algale (144 espèces identifiées), de nombreuses espèces sont encore en cours d’identification, mais les connaissances actuelles suggèrent également qu’il y aurait un certain nombre d’espèces endémiques au sein de ces groupes (Petek, com. pers., 2015; Pérez, com. pers., 2015 ; Payri et al., 2016).

L’endémisme élevé observé aux Marquises est restreint à une petite zone géographique de moins de 500 km², ce confinement est synonyme de vulnérabilité pour ces espèces et pour l’écosystème. En effet, étant abondantes, ces espèces vont participer fortement au fonctionnement de l’écosystème, ainsi leur rôle écosystémique peut être particulièrement important. De plus, ces espèces remplissent souvent des fonctions mal représentées par les autres espèces de l’écosystème, comme observé dans d’autres régions similaires (e.g. Iles de Pâques) (Kulbiki, com. pers., 2012 in Agence des Aires Marines Protégées, 2016). Ainsi, les pressions pouvant engendrées une diminution des effectifs de ces espèces endémiques sont susceptible d’affecter le fonctionnement général de l’écosystème.

Aux Marquises, les abondances de plusieurs groupes d’espèces sont particulièrement élevées en comparaison de la Polynésie française, voire du Pacifique. En effet, les poissons côtiers présentent de fortes abondances notamment au nord de l’archipel et autour des grandes îles (Delrieu-Trottin et al., 2015), les cétacés et raies manta ont également des densités élevées comparativement au reste de la Polynésie (Agence des Aires Marines Protégées, 2016). Ces abondances semblent être liées à la forte productivité primaire, bien que les rôles respectifs joués par le phytoplancton et les macrophytes ne soient pas encore élucidés.

La pression de pêche côtière aux Marquises étant faible, cela pourrait également favoriser les abondances et la structure des peuplements de poissons côtiers, marquées par des individus de grandes tailles, une quantité importante de prédateurs et une biomasse élevée de requins. Ces caractéristiques peuvent se traduire par une certaine intégrité des réseaux trophiques pouvant faire office de référence pour l’étude des peuplements de milieux similaires. Cette intégrité est discernable également par le bon état de santé des communautés benthiques, avec des taux de corail vivant supérieur à 70 % et une absence d’algues brunes molles.

33 Concernant la structure des réseaux trophiques marquisiens, les producteurs primaires benthiques sont caractérisés par une dominance d’algues rouges encroûtantes calcifiées, reflétant des conditions hydrodynamiques battues et une prédation élevée (oursins et poissons ; Payri et al., 2016). Pour les producteurs primaires pélagiques, comme évoqué précédemment, les eaux de l’archipel des Marquises présentent des concentrations relativement élevées en phytoplancton. Les communautés phytoplanctoniques dominantes sont le pico-plancton (taille inférieure à 2 µm) et le nano-plancton (entre 2 et 20 µm), la fraction micro-planctonique étant minoritaire (Dolan et al., 2007 ; Ras et al., 2008). Pourtant ces organismes de petite taille sont habituellement caractéristiques d’eaux plus oligotrophes. Cependant, différentes méthodes d’estimation des communautés ont été employées selon les auteurs, ainsi l’importance relative de ces deux classes de plancton reste discutée (Agence des Aires Marines Protégées, 2016). Le picophytoplancton est dominé par des cyanobactéries du genre Prochlorococcus, généralement associées à des eaux chaudes, stratifiées et pauvres en nutriments (Grob et al., 2007). Pour les communautés nanophytoplanctoniques ce sont les genres ubiquistes Phaeocystis et Emiliana qui dominent. Le microphytoplancton (entre 20 et 200 µm) présente une dominance de diatomées, en particulier les espèces Pseudo-nitzschia delicatissima, Rhizosolenia bergonii et Thalasionema nitzchioides (Martinez et al., 2016).

Concernant les consommateurs, les données sur le zooplancton sont encore parcellaires et nécessitent d’être confirmées, notamment pour le métazooplancton (e.g. crustacés ou gélatineux). Les résultats de la campagne BIOSOPE (2004) montrent une faible concentration en copépodes, à l’inverse des micro- et nano-flagellés hétérotrophes (dinoflagellés) fortement concentrés (Masquelier et Vaulot, 2008). Le picoplancton est composé majoritairement de bactérioplancton hétérotrophe représentant plus de 83 % des cellules (Martinez et al., 2016). Les poissons marquisiens se distinguent des autres archipels par des abondances plus élevées d’espèces piscivores et carnivores que d’espèces omnivores. Les anguilliformes et Scorpaenidae sont en proportion plus importante, à l’opposé des espèces associées aux récifs qui sont moins diversifiées (e.g. Chaetodontidae, Scaridae, Pomacentridae, Apogonidae, Serranidae) (Delrieu-Trottin et al., 2015; Planes et al., 2016). Ainsi, la structure trophique serait dominée par un couple piscivore/planctonophage, contrairement au couple carnivore/herbivore généralement observé (Delrieu-Trottin et al., 2015). Cette structure pourrait être liée à une contribution plus importante de la production primaire pélagique (richesse en phytoplancton), plutôt que benthique (peu de constructions récifales).

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Figure I.7. Schéma représentant plusieurs particularités environnementales et écologiques des îles Marquises.

Ainsi, les multiples particularités des Marquises (e.g. eaux riches en éléments nutritifs, production primaire élevée, structure corallienne atypique, dominance des piscivores et planctonophages, etc. ; Figure I.7) laissent présager un fonctionnement trophique côtier particulier fortement influencé par l’abondance plantonique. Ces multiples spécificités et le caractère relativement préservé des Marquises font que cet archipel présente un intérêt de conservation indéniable. Celui-ci fait d’ailleurs l’objet de plusieurs mesures de conservation en cours ou en projet. Pourtant, bien que plusieurs campagnes et études se soient succédées ces dernières années (e.g. la campagne ‘Pakaihi i te Moana’ (2011-2012)), les données scientifiques disponibles sur cette zone restent encore à compléter. Dans ce contexte, mieux comprendre les relations entre organismes et le fonctionnement global de l’écosystème semble fondamental pour pouvoir le préserver et éventuellement mettre en place à l’avenir des plans de gestion cohérents.

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