Kapittel 5 - Drøftelse, analyse og resultat
5.3.3 Modeller for utviklersamarbeid vs. utfordringer i Kristiansand
Bir El Haffey se situe dans une zone de haute steppe. Dans les montagnes subsistent de nombreux pins. Partout, le sol est couvert d’alfas, de genévriers ou encore de jujubiers. La
1 Retranscrite en arabe d’après les nomenclatures de l’Encyclopédie de l’Islam. 2 Idem.
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La pluie, tellement rare, est considérée comme une vraie bénédiction par les populations de la région. Les journées où elle décide de tomber représentent un vrai bonheur. Un temps de pluie est un beau temps. Car étant donné que la région est essentiellement agricole, dès qu’il pleut, il n’est pas nécessaire d’acheter de quoi arroser les terres. A la moindre goutte, l’herbe elle-même pousse très rapidement et l’alimentation du bétail est facilement assurée.
végétation, lorsqu’elle n’est pas sauvage, n’est pas rare. Elle est la principale source de revenus. Tout autour de Bir El Haffey, malgré le climat aride, de nombreux champs d’oliviers – pour une grande majorité d’entre eux hérités du protectorat – sont exploités. D’autres arbres fruitiers sont également cultivés comme les figuiers, les amandiers… Les exploitations agricoles sont l’une des principales ressources de la région. Elles emploient une importante main d’œuvre, qu’ils s’agissent d’ouvriers qualifiés ou de jeunes adolescents venus apporter une aide dans la propriété paternelle, ou de femmes qui participent à la récolte des olives qui a lieu en automne1.
Les figuiers de barbarie, autrement dits cactus, sont présents à perte de vue. Les figues de ces arbres sont elles aussi récoltées par les femmes et occasionnellement par les enfants. Pour ceux qui sont habitués à visiter la Tunisie, ils ne pourront ne pas se souvenir de ces nombreux enfants qui leur proposent ces figues au bord des routes. Souvent, les enfants, dès leur plus jeune âge, sont chargés de suppléer leurs parents. Ils peuvent apporter de l’aide dans la boutique familiale. Ils sont également chargés de surveiller le bétail2 ou d’aider à la culture de la terre. Mais souvent ces activités ont lieu parallèlement à leur scolarité, l’école étant obligatoire3.
1 Nous avons pu observer le déroulement de ces récoltes. Généralement les femmes s’occupent de récolter les
olives. Elles utilisent des sortes de grappes ou de peignes qu’elles passent à travers les branches des arbres de sorte que les olives tombent à terre. Les femmes prennent soin de recouvrir le sol d’une bâche assez large. Lorsque les olives sont hors d’atteinte, elles utilisent des échelles et se faufilent à travers les branches, bien que certaines d’entres elles soient très âgées. Ces tâches sont renouvelées pendant une période plus ou moins longue, cela en fonction de la quantité d’oliviers exploités par les chefs de famille. Généralement, les femmes qui récoltent les fruits sont des parentes proches et travaillent toutes sur les propriétés de leur maris, de manière successive. Les maris, eux, ne sont pas forcément des agriculteurs mais ont hérité de terres qui parfois peuvent être quasiment laissées à l’abandon et être non exploitées. Généralement, cette récolte des olives par les femmes est la seule activité qu’elles exercent en dehors de leur maison. Et là encore il s’agit d’une aide apportée à leurs maris qui se chargeront de vendre les fruits de la récolte, en ayant pris soin de vérifier que les sacs ne contiennent pas de fruits pourris et de feuilles.
Une fois récoltés, les fruits sont amenés dans de vastes pressoirs. Au centre du souk il existe un pressoir qui utilise un procédé de transformation très artisanal. La qualité de l’huile produite est jugée comme étant la meilleure possible. A quelques kilomètres de Bir El Haffey, sur la route menant à Sidi Bouzid, il existe un pressoir beaucoup plus moderne que nous avons pu visité. Chaque exploitant se vante bien entendu de produire la meilleure liqueur.
2 Nombreux sont les foyers à posséder quelques brebis et moutons.
3 Les enfants les plus privilégiés ne se consacrent la plupart du temps qu’à leurs obligations scolaires. Certains
Une majorité de la population dispose de sa propriété1, de sa ou ses parcelles de terrain. La famille des Akrim jouissait de toute la terre de la région, mais, depuis quelques années, les autres familles lui ont livré une bataille économique féroce qui a fait que les awlād Akrim ont perdu une grande partie de leurs biens2. Ils se sont reconvertis dans le commerce comme bon nombre d’autres habitants. Il existe au souk une multitude d’enseignes. On y trouve des épiciers3, des bouchers, fromagers, cordonniers, mécaniciens4, artisans ou autres sandwicheries ou cafés5… Bir El Haffey possède ses mosquées, ses écoles, collèges, lycées, hospices et autres administrations. Malgré un fort taux de chômage, la population subsiste tant bien que mal. Nombreuses sont les personnes qui exercent divers travaux journaliers : qui dans les exploitations agricoles, qui dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Et celui qui manque d’argent peut toujours compter sur la solidarité de ses proches, notamment
de l’oncle qui m’hébergeait. Cet oncle, à l’image de nombreux autres parents, n’a pas vraiment fréquenté les bancs de l’école mais cependant il investit toutes ses forces dans la scolarité de ses enfants, en espérant que leur avenir sera meilleur que le sien.
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Généralement les maisons sont de forme cubique et les toits sont plats. Les murs sont peints de blanc, avec de la chaux ou avec de la peinture. Un homme qui quitte le foyer paternel se fera construire une seule pièce plus ou moins grande et, au fur et à mesure du temps, il y accolera d’autres pièces. Les maisons peuvent donc être constituées, selon l’âge de l’homme, d’une seule pièce ou de nombreuses et vastes pièces. L’importance du lieu détermine donc le niveau de richesse et la respectabilité du maître des lieux
Le matériau utilisé est différent selon les moyens financiers de la personne, soit il est constitué de pierres tirées de la montagne, soit de briques fabriquées à l’aide de ciment, ou soit, enfin, de briques industrielles.
2 Une personne proclamée sainte après sa mort à Bir El Haffey avait prédit que tous les Akrimi perdraient leurs
biens et qu’ils deviendraient la risée des familles de la région. Et de fait, en perdant leurs terres, les Akrimi ont perdu une grande partie du prestige dont ils jouissaient et immigrent maintenant vers d’autres régions.
3 Le première épicerie de Bir El Haffey a été construite en 1920.
4 Les mécaniciens ne manquent pas de main d’œuvre tant les véhicules de ces populations sont usagés. Il n’est
pas rare de voir des voitures en état de marche qui ont près de trente années de bons et loyaux services. Mais ceux qui possèdent un véhicule à Bir El Haffey, qu’il soit ancien ou récent, sont considérés comme des privilégiés. Et si un foyer en possède un, il sera considéré comme la propriété de toute la famille proche et pourra même servir à arrondir les fins de mois en permettant au propriétaire du véhicule de s’improviser chauffeur et de faire de la concurrence illégale aux véhicules de louages attitrés.
Nombreux sont ceux à se servir encore de nos jours des traditionnelles charrettes auxquelles sont attelés des ânes ou des chevaux de sang très pauvre.
5 Chaque jeudi se déroule tout autour du souk un immense marché qui attire toutes les populations des alentours.
D’un côté on y trouve produits agricoles et bétails, de l’autre biens de consommations de première nécessité et vêtements plus ou moins usagés.
sur un système de crédit officieux qui peut parfois s’avérer être très avantageux : la personne qui croule sous les dettes empruntera à l’un pour rembourser à l’autre, ce cercle infernal ne s’arrêtant que lorsque l’activité principale de la personne s’avère lucrative. Certains de mes informateurs m’ont assuré que ce système de crédit permet de réaliser des bénéfices. Je ne comprends toujours pas comment. Il est vrai que la débrouillardise et l’énergie qu’ils déploient pour s’en sortir ne cessent de m’étonner.