Le noyau central de la famille est composé des parents, enfants et parfois grand- parents. Les enfants en âge d’être mariés – un âge souvent avancé lorsqu’il s’agit des hommes – choisissent de vivre au côté de leurs ascendants directs1
. Il existe à Bir El Haffey des quartiers entièrement occupés par des groupes filiaux proches.
L’endogamie caractérise le groupe mais tend à se faire plus souple au fil du temps. Le mariage entre cousins parallèles reste privilégié2. Un homme épousera de préférence la fille du frère de son père (bint ‘amm( ou la fille de la sœur de la mère )bint khālt). Les mariages croisés et hors du groupe ne sont cependant pas prohibés : il est rare de voir un homme épouser une femme dont la famille est beaucoup plus riche que la sienne, même s’il est question de cousins. Généralement, les alliances ont lieu entre personnes aux capitaux économiques, culturels et sociaux identiques. Une fille tout juste sortie de l’université n’ira pas épouser son cousin parallèle analphabète, car, entre personnes aussi proches, les inégalités ne sont pas inexistantes.
1 Chez les populations arabes traditionnelles, les enfants sont considérés comme des femmes. Tant qu’ils ne sont
pas mariés, aussi âgés soient-ils, ils doivent se soumettre à l’autorité du père. Aucune parole, aucune réflexion, ne sont les bienvenues. Nous aurons l’occasion d’approfondir ce thème un peu plus tard dans cette étude. Sur ce thème nous pouvons renvoyer le lecteur à l’ouvrage d’Abdellah Hammoudi )2001(, Genèse et fondements des pouvoirs autoritaires dans les sociétés arabes, Essai d’anthropologie politique. Paris : Maisonneuve et Larose.
2 Extrait d’un entretien :
« Ethnologue (Ethn) _ Quel est le mariage préféré à Bir El Haffey ?
Belgacem (Bel) _ Le mariage avec des parents, pour renforcer les liens familiaux. Avant, le mariage avec une étrangère était un crime. Nous détestions ceux qui commettaient ce pêché. Mais malheureusement le mariage dans la famille appauvrit le sang et la mentalité. Il faut contacter de nouvelles personnes pour voir d’autres horizons. Le mariage avec la parente, c’est la sécurité, on préserve les secrets. »
Les mariages occupent généralement les conversations des femmes. Ils représentent l’une de leurs rares distractions. Ce sont elles qui sont chargées de prospecter dans leur entourage pour trouver une fiancée à l’homme de la famille qui désire se marier. Ensuite le père ou le frère du marié se rend dans la famille de la femme convoitée pour obtenir la permission des deux parents. Si les parents sont d’accord – la future mariée n’étant à Bir El Haffey que très rarement consultée – des fiançailles seront organisées. Le mariage se déroule généralement l’été qui suit les fiançailles.
Les cérémonies des mariages représentent une énorme source de divertissement pour les habitants proches des mariés. Elles sont l’occasion de s’adonner à la danse ou même de flirter lorsque les représentants des deux sexes ne sont pas soigneusement séparés. Certains jeunes adultes n’hésitent pas à s’imbiber d’alcool lors de ces occasions. Cela explique pourquoi certaines cérémonies dégénèrent.
Pour illustrer la manière dont se déroule ces mariages, nous allons rapporter des propos que nous avons écrits lors d’une précédente étude en 1998 )nos premières observations ethnographiques), justement sur les mariages tunisiens :
Cette cérémonie se déroule pendant environ une semaine, dans les familles les plus pauvres deux à trois jours. Le premier jour est consacré aux soins du corps. La mariée se rend avec ses proches au hammam. Elles vont s’occuper à laver le corps, l’étirer, le raser. Après le hammam, la mariée se fait appliquer du henné sur ses mains, ses pieds. Une fois le henné déposé, les parents de la fille organisent une fête qui se déroulera juste entre proches. Lors de la deuxième journée, le mari amène l’alliance à sa femme, cadeau qui sera accompagné d’autres biens1
. A
1 Précisions recueillies lors de notre dernier terrain :
« Bel _ Dans les pays musulmans c’est le mari qui donne la dot [en arabe, al-sh . Germaine Tillion préfère parler de douaire. Selon elle le douaire c’est la somme attribuée à leurs femmes par les maris lors du mariage alors que la dot c’est le père de la fille qui l’effectue )Germaine Tillion )2000(, Il était une fois l’ethnographie. Paris : Editions du Seuil (Points Essais)]. Le mariage est légal que lorsque nous donnons un cadeau à la mariée. Ce cadeau est déterminé par les parents des deux familles. La dot a progressé tout au long des siècles. Avant, elle était accablante. On exigeait un certain nombre de moutons, de chamelles, une certaine somme d’argent puis de l’or pour la mariée. Tout le reste revenait au père de la mariée. Mais le temps passant, la dot s’est allégée. De nos jours, il ne reste à Bir El Haffey que l’orfèvrerie. Les gens ne sont plus aussi cupides. Ils veulent seulement faire confiance au mari. Pour ma part, je n’ai acheté que des bijoux. C’est pour tout le monde pareil. La loi tunisienne interdit tout excès. Lors de la signature de l’acte de mariage, il n’est demandé au mari qu’un dinar symbolique. Nous sommes libres de demander plus mais cela n’arrive jamais. Même l’orfèvrerie n’est plus obligatoire. »
Bir El Haffey, la tradition veut que le troisième jour soit consacré au repos. Le quatrième jour est consacré à la fête car c’est le dernier jour où la fille reste chez ses parents. Pendant cette journée, on va tuer le mouton et préparer un grand repas. Une fois le repas fini, les convives et la famille se mettent à danser.
La journée suivante consacre l’union des mariés. C’est à ce moment que la mariée va se rendre pour la première fois chez son mari. Le jour du mariage commence par une visite à la mairie. Les mariés vont signer le contrat de mariage, accompagnés de leurs témoins qui sont en général deux hommes. Ensuite, les mariés prennent place dans le cortège et se rendent à la maison du mari où il sont accueillis par la foule, composée de la famille et des invités proches. Nous pouvons constater qu’il y a une majorité de femmes, les hommes arriveront petit à petit. Le cortège, accueilli par les «youyous » des femmes, est très coloré : les voitures sont décorées de rubans blancs et rouges, qui sont les couleurs du drapeau tunisien. Les mariés vont s’installer sur des fauteuils qui leur sont spécialement réservés, derrière lesquels se trouve un grand tapis accroché au mur. A partir de ce moment la famille ne va cesser de contrôler la tenue des mariés. Les invités se mettent à danser : les hommes d’un côté, les femmes de l‘autre. Au même instant, une vieille femme passe avec une sorte de poêle à charbon qui dégage de la fumée que l’on appelle bakhūr, censée écarter les mauvais esprits. Cette fête durera jusqu’à la moitié de la nuit. Peu à peu, les invités partiront et seule la famille proche restera ; celle-ci devra attendre jusqu’à très tard dans la nuit afin de voir la preuve de la virginité de la jeune femme inscrite sur un linge blanc.
Avant de rentrer dans sa chambre, le marié se trouve au milieu d’un groupe d’hommes qui chantent la borda1 ; ce chant islamique est censé encourager la mari afin qu’il ne soit pas intimidé par sa femme lors de leur première nuit conjugale. Durant cette nuit, le mari doit sortir avec le linge blanc maculé du sang de sa femme pour montrer aux deux familles qu’elle a bien été déflorée par lui. Une fois la preuve montrée, un homme tire deux coups de fusil pour signaler au village la bonne nouvelle.
Si l’homme n’arrive pas à avoir de rapport sexuel avec sa femme lors de leur première nuit, il a recours à un sage. Ce sage va écrire une formule magique sur un papier plié qui va être dissout dans un verre contenant de l’eau, du cumin et du vinaigre. Le mari doit, soit boire ce mélange, soit nettoyer son sexe avec le contenu du verre. Si malgré tout, le mari ne parvient toujours pas à honorer sa femme, il doit revoir le sage qui écrira une formule magique avec laquelle la femme devra prendre une douche.
1 Nous nous excusons auprès du lecteur de ne pas pouvoir effectuer la retranscription exacte de ce terme. Nous
Souvent, avant cette cérémonie, les mariés ne se connaissent pas. Leur mariage représente le moment de leur première rencontre. C’est le cas notamment de bon nombre des membres des
awlād Akrim. Nous souhaitons préciser que les Akrimi sont peut-être la famille à Bir El
Haffey qui accorde le plus d’importance à la tradition. Chez eux, le mariage entre cousins reste celui qui est privilégié, contrairement à d’autres familles, et la vertu des femmes reste un des fondements de cette tradition. Toutefois, contrairement à d’autres familles de contrées plus éloignées, les Akrimi tentent toujours de résoudre les conflits de manière pacifique. Notre traducteur a rapporté ces propos :
Une famille est noble si ses filles sont vertueuses. Si ce n’est pas le cas, nous les évitons. Il n’y a plus de solidarité avec cette famille. Mais, depuis une vingtaine d’années, ce comportement s’est relâché. La vertu des filles n’est plus aussi importante1
, sauf chez les Akrimi. Tout ceci est dû à l’incompréhension de la culture occidentale. Ca peut vouloir dire que l’honneur des familles a diminué ou a changé. Maintenant le plus important c’est la matière. On respecte l’opinion du riche même s’il fait partie d’une mauvaise famille. On avait un proverbe : l’honneur de l’anglais est dans son drapeau, celui de l’arabe dans le vagin de sa femme [sharafu al-’inglīzī fī raf‘i al-‘lami wa sharafu al-‘rabiyi fī fardji al-marati]. Avant on ne pardonnait jamais un crime d’honneur. Même aujourd’hui il y a des crimes de vengeance. Par exemple dans certaines familles de la région de Gafsa, la dette de sang existe toujours.
L’univers de la maison, univers marqué par ses propres enjeux, est principalement l’univers des femmes et, dans une moindre mesure, celui des enfants ; l’homme investissant les lieux publics (en particulier le traditionnel souk), la femme y est maîtresse. Dans cet espace sont prises les grandes décisions, sont fêtées toutes les étapes de la vie d’un individu : naissance2, circoncision des enfants, mariages etc..
1 Notamment dans toutes les régions où le tourisme domine et dans les grandes villes. Si vous vous promenez
dans la capitale, vous pouvez avoir le sentiment d’être dans n’importe quelle ville européenne. Si ce n’est lorsque résonne dans les hauts parleurs l’appel à la prière. Mais, dans ces grandes villes, la femme tunisienne n’a rien à envier à sa sœur occidentale. Elle est toute aussi libérée, elle peut avoir une activité salariée, sportive, occuper de hautes fonctions et changer de conjoint sans grandes difficultés.
2 « Bel _ Pendant la maternité, il y a des repas spéciaux, des médicaments arabes. Après avoir donné naissance,
la mère mange des dattes avec de l’huile d’olive et du ‘ar‘ār, une plante de montagne. Elle mange également des soupes, de la pâte, avec des condiments, des épices et du poisson sec cuit dans le repas. Ou le chien de mère, c’est à dire le phoque, que l’on trouve sur les côtes du nord de la Tunisie. Nous achetons des parties de son corps séchées.
Jean Duvignaud précise, toujours dans son étude sur Chébika, que « le rôle de la femme est devenu, malgré le mépris qui l’affecte apparemment, infiniment plus important que celui de l’homme dont elles contrôlent en groupe les réactions : la sexualité, l’attachement des enfants et la nourriture. Maîtresse de la reproduction et de la manducation, la femme islamique est devenue dès l’ancienne Tunisie, un élément caché mais actif, jamais avoué, de la vie publique. »1
Une femme qui a déjà de nos jours plusieurs enfants, a généralement très peu fréquenté l’école. Souvent elle était déjà mariée lorsqu’elle était adolescente. C’est notamment le cas des femmes de mes oncles. La plupart d’entre elles sont illettrées. Les ayant côtoyées pendant de longues heures, nous pouvons rapporter qu’elles sont néanmoins très actives. Leurs journées sont harassantes. Elles s’occupent dès l’aube de leurs enfants. Et souvent on ne peut pas compter leurs progénitures sur les doigts d’une seule main.
Elles aident les plus jeunes à se préparer pour aller à l’école. Ensuite, elles s’emploient aux tâches ménagères : exposer les draps et les couvertures au soleil, nettoyer – souvent à la main – le linge2
sale, nettoyer le sol1, préparer le repas. Cette dernière tâche étant celle qui les
Bel _ Ils donnent de la force à la femme. Ils purifient son corps et son sang de façon à ce que son lait soit sain et nutritif. Nous donnons ces repas de façon régulière, pendant sept jours. Nous y accordons plus d’importance qu’aux piqûres des médecins. Le septième jour nous préparons une soupe piquante avec tous ces ingrédients. Les parentes viennent à côté de la mère, participent à son repas. Elles lui mettent autour de la taille une ceinture de fils : du bassin jusqu’aux cuisses. Et elles l’enveloppent avec des draps toute la journée. La mère va transpirer. Nous croyons que lorsque la femme donne un nouveau-né, elle a les membres inférieurs déplacés, dilatés. Nous la serrons pour que ses nerfs, ses muscles, reviennent à leurs états initiaux. Chaque quinzaine nous effectuons cette opération jusqu’au quarantième jour. A ce moment elle peut reprendre son activité normale. Tous les médicaments traversent l’appareil digestif. Nous faisons boire au bébé un peu de fenouil [bisbās]. Egalement de l’huile d’olive pour nettoyer ses intestins. Nous pensons qu’ils sont souillés par le sang de la mère. Nous l’enveloppons toujours dans des lambeaux blancs et nous le ceinturons pour rendre ses membres solides et pour qu’il reste tranquille, qu’il ne soit pas effrayé par ses membres. Mais de nos jours, quelques rares familles pratiquent ces choses. Votre famille le pratique. »
1 Ibid., p. 142.
2 La plupart du temps les habitants de la région s’habillent à l’occidentale. Ce sont soit des contrefaçons, soit des
vêtements de seconde ou troisième main. Cependant les vieilles femmes sont généralement vêtues de tenues plus traditionnelles. Elles superposent sur leurs robes (langue dialectale sūriya ou rūba) des tissus de couleur noire (langue dialectale ( qui me semble influencés par les berbères. C’est un fait qu’il faudrait vérifier. Elles ont également un foulard (fūlāra) ou encore un turban (dharāya) ou une écharpe (shāriba ou shāl). Elles arborent généralement de nombreux bijoux. Le plus fameux étant celui qui représente les bateaux phéniciens qui
occupe le plus. Pendant de longues heures, elles vont trier les herbes, les épices, exposer les piments rouge au soleil (pour les sécher et ensuite les réduire en poudre), également faire sécher de la semoule sur de grands draps exposés en plein soleil, afin de la conserver plus longtemps. Ensuite vient la préparation des repas. Le plat le plus apprécié est bien entendu le couscous. Les maîtresses de maison le nuancent à l’infini. Parfois, elles l’accompagnent de poissons, d’autres fois de poulet ou d’agneau. Il existe entre autre un couscous local qui contient essentiellement des fruits secs et qui est très relevé. Certaines fois, quand l’argent se fait plus rare, le couscous est accompagné de quelques légumes, notamment de fèves. La fève est certainement le légume le plus nourrissant et le plus apprécié par les habitants de la région2.
Une fois les repas cuisinés, la femme de Bir El Haffey peut s’accorder quelques moments de répit. Ensuite, lorsque viennent les après-midi, elle se charge de prendre soin du jardin (si le soleil ne brille pas trop fort( et arrose les quelques arbres ou fleurs qu’elle possède. Souvent en fin d’après-midi, avant que le mari ne rentre à la maison, elle se charge de confectionner du pain traditionnel appelé kisra. Ces galettes sont cuites sur des feux de bois à même la terre ou sur des plaques de fer chauffées. Cet excellent pain peut être décliné de multiples façons. Parfois il contient de la levure, d’autres fois non. Et certaines fois il peut contenir, à l’intérieur, de la graisse de mouton accompagnée de tomates et d’épices. Les enfants appellent ce plat la « pizza arabe ».
sont partis du Liban et qui sont à l’origine de la fondation de Carthage. Ce bijou qui s’épingle au vêtement se nomme khilāl. Elles arborent également des bracelets en argent (mugās), de longs colliers (sharka ou sirb) et des bracelets autour des chevilles (khalkhāl).
Les femmes arabes plus jeunes ne sont généralement pas voilées, même dans cette région très traditionnelle. Les hommes, eux, en hiver, s’habillent souvent de burnus de laine, sorte de long manteau sans manche qui se porte au-dessus des vêtements. Si ce manteau de laine possède une capuche alors il s’agit d’un kashābiya (au Maroc : gandūra).
Les jeunes hommes ne portent généralement pas de djellaba (djabba). Ce vêtement est plus facilement arboré par les vieillards lorsqu’ils ne portent pas de pantalon bouffant.
Certaines personnes que nous avons questionnées sur les vêtements traditionnels arabes qualifient ces vêtements comme le symbole de la pauvreté de leur condition. Elles préfèrent se vêtir de jeans, de t-shirt et de casquettes qui symbolisent la culture américaine.
1 Souvent leurs enfants ne font pas attention à leurs activités et ont une fâcheuse tendance à tout jeter par terre,
comptant sur leur mère pour passer derrière eux.
Généralement les filles aident leurs mères dans les tâches ménagères dès leur plus tendre enfance. Et les mères se montrent beaucoup plus sévères envers ces filles qu’envers les garçons. Le garçon jouit d’une grande liberté alors que la fille est sans cesse surveillée. Les garçons peuvent avoir toutes les aventures qu’ils veulent, sans que cela gêne qui que ce soit. C’est souvent d’ailleurs une grande source de prestige et de plaisanterie. Ils peuvent sortir quand bon leur semble et même « s’évaporer » pendant de nombreuses journées.
Toutefois, pour nuancer ce tableau, je souhaiterais préciser que j’ai certaines cousines qui ont néanmoins pu partir rejoindre la capitale ou d’autres grandes villes pour effectuer des études. Là-bas, elles ont pu jouir de beaucoup plus de liberté. Et souvent le fait d’avoir poursuivi des études a contribué à creuser un certain fossé entre leurs aspirations et celles des femmes plus traditionnelles de Bir El Haffey. Une de mes cousines particulièrement me précisa que la seule chose qu’elle désirait, c’était de ne pas avoir une vie qui ressemble à celle de sa mère ou à celle de ses tantes1. Elle veut avoir une vie active et moderne. Mais elle ne rejette pas pour autant les principes de sa religion.
Toutes ces personnes, qu’elles soient de sexe masculin ou féminin, sont très brillantes. L’homme et la femme tunisiens sont très brillants. D’ailleurs il suffit d’observer la profondeur et l’intensité de leur regard. Les jeunes générations, qui représentent un fort pourcentage de la population, ont pu suivre un enseignement complet. Nombreux sont ceux qui manipulent