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Les archives de l’EPSHOM contiennent une quarantaine de cartes locales à grande et moyenne éc helles intéressant des portions de côtes sableuses du littoral sénégalo-mauritanien (Annexe 1-B). Elles sont éditées de 1824 à 1998 à des échelles variables (du 1/10 000 au 1/101 000). A la différence des cartes régionales, les documents cartographiques à grande échelle sont issus de sources moins hét érogènes. Ils résultent pour l’essentiel d’une seule campagne de levé hydrographique effectuée par les ingénieurs hydrographes ou les officiers du Service Hydrographique de la Marine française. Comme pour les cartes régionales, les informations fournies sur l’origine des données cartographiées ont été croisées avec les rapports établis par les chefs de mission et publiés dans les Annales Hy drographiques. Cela donne une idée de la date ex acte des levés, de leur échelle ainsi que des moyens de mesure et de localisation utilisés qui sont autant d’éléments permettant d’apprécier les conditions d’élaboration des cartes ou de juger de la fiabilité des informations cartographiées et d’en tenir compte dans l’exploitation des résultats.

Le document cartographique le plus ancien parmi la quarantaine de cartes à grande échelle répertoriée aux Archives de l’EPSHOM est la carte N° 300 éditée en 1824. Elle porte sur la région du port de Dak ar et a été levée en 1817 par l’Ingénieur hydrographe GIV RY. Cette cart e a été rééditée plusieurs fois jusqu’à son remplacement en 1914 par la carte N° 5491 issue de levés hydrographiques exécutés de 1909 à 1910 (LEBA IL, 1911).

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En général, les cartes à grande échelle intéressent surtout les zones portuaires (Baie du Lévrier, Baie de Tanit, Baie de Gorée, Joal) et les embouchures des fleuves donnant accès à des ports (Sénégal, Saloum, Casamance) qui font l’objet de levés fréquents dont certains sont parfois très rapprochés dans le temps. C’est le cas, par exemple de l’estuaire du Saloum, levés douze fois entre 1838 et 1959 dont trois entre 1907 et 1914 (TROME UR, 1946) et cinq entre 1950 et 1958 (LE FUR, 1954 ; SAUZAY, 1956 ; MANNEVY, 1959 ; B OURGOIN, 1961 ; PELUCHON, 1961). Dans une moindre mesure, on peut retenir aussi l’estuaire de la Casamance qui a fait l’objet de huit levés entre 1862 et 1958 dont quatre entre 1951 et 1958 (LE FUR, 1954 ; DONIOL, 1957 ; MANNEVY, 1959 ; BOURGOIN, 1961).

Pour les sites présélectionnés, les cartes les plus anciennes intéressent les abords de la Langue de Barbarie. L’ensemble de la flèche a été levé ent re 1842 et 1850 par le capitaine de

corvette DE KERHALLE T. Ses travaux ont donné lieu à la publication en 1851 de la carte N° 129540.

Cette carte a été complét ée par la cart e N° 1296 co uvrant le cours du fleuve Sénégal de l’embouchure à Podor situé à plus de 200 km en amont. Elle fût éditée aussi en 1851 et résulte de la fusion des travaux du capit aine DE KE RHA LLE T et du levé de 1849 du Sous-ingénieur hy drographe PLOIX. P ar

la suite, il a fallu attendre la fin du 19e siècle pour que le secteur soit levé de nouveau par le lieutenant

de vaisseau B UCHA RD en 1894. Les résultats sont parus la même année (carte N° 4892). Ce document a été réactualisé en 1928 grâce à des photographies aériennes de 1927. La dernière campagne de levé hydrographique du SHOM sur la Langue de B arbarie est la mission Agadir – Dakar effectuée dans les années 1930. Les travaux ont été exécutés en 1934 au 1/50 000 (BONNIN, 1938). Une minute topographique de la zone de Saint-Louis à l’embouchure du Sénégal a été dressée au 1/50 000 et les résultats du levé publiés en 1937 par la carte N° 5851 qui contient également un cartouche du port de Saint-Louis à l’échelle du 1/15 000.

Dans la B aie de Gorée, les premières cartes marines relatives au secteur de Bargny à Y ène- sur-mer ont été édit ées en 1877 avec la carte N° 35 79 et la carte N° 3592 accompagnée d’un cartouche du mouillage de Rufisque au 1/20 000. Ces deux documents nautiques sont issus des travaux du lieutenant de vaisseau BESSON entre 1875 et 1876 dans la zone de Thiaroye au Cap de Naze. La carte N° 3592 a été mise à jour à partir d e photographies aériennes de 1927 pour sa

réédition en 1929. Le second levé de la Baie de Gorée a été exécut é ent re le 1er novembre 1935 et le

1er mars 1936 par la mission hydrographique A gadir – Dakar. Les levés ont été effectués au 1/10 000

de Thiaroye à Toubab Dialao et sont accompagnés de quatre minutes topographiques établies au 1/10 000 en partie grâce à des photographies aériennes de 1936 (BONNIN, 1938).

Après le désarmement de la mission hydrographique Agadir – Dakar, la mission

hydrographique d’A.O.F.41 a pris le relais. Constituée en 1947 pour poursuivre les travaux

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La deuxième édition de cette carte en 1890 comporte des erreurs de positionnement considérables signalées par un avertissement. L’erreur est de 40’’ en latitudes et de 35’’ en longitudes d’après l’Ingénieur Hydrographe, BOUQUET DE LA GR YE (1885)

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hydrographiques d’avant guerre (BRIE, 1951), elle a ent repris, depuis c ette date jusqu’en 1959, un levé de toute la côte sénégalaise du sud de la Somone au Saloum (B RIE, 1951 ; MANNEVY, 1953, 1959 ; LE FUR, 1954 ; SAUZAY, 1956 ; DONIOL, 1957 ; PELUCHON, 1961) et en Casamance (LE FUR, 1954 ; MANNEVY, 1959 ; BOURGOIN, 1961). D’ailleurs, la cart e N° 6073 couvrant la région de Mbour à la Pointe S arène parue en 1953 provient de cette mission. Elle fût levée au 1/25 000 d’avril à septembre 1948 pour le secteur de la Somone à la Pointe Sarène (BRIE, 1951) et de janvier à juillet 1949 pour la zone de la Pointe Sarène à la Pointe Senti (MA NNEVY, 1953). La carte N° 6073 a été rééditée en 1955 à la suite des travaux de l’Ingénieur hy drographe SAUZAY effectués de novembre 1953 à mars 1954 pour le segment côtier au sud de la Pointe Senti. C’est aussi à l’occasion de la mission hydrographique d’A.O.F. qu’ont été levés du 29 janvier au 24 février 1955, les abords de Nouakchott au 1/20 000 et que deux minutes topographiques du site ont été dressées à l’échelle du 1/19 925 (MA NNEVY, 1959).

En ce qui concerne l’aspect technique des levés42, le positionnement des objets s’appuyait sur

un canevas géodésique local basé sur la t riangulation d’un réseau de signaux en mer (balises, bouées) ou de signaux côtiers à terre (maison, particularités du paysage, arbres, signaux en madriers, etc.). Les instruments de positionnement utilisés étaient l’astrolabe (LEBA IL, 1911 ; BONNIN, 1938), le cercle hydrographique (BONNIN, 1938 ; TROMEUR, 1946), le théodolit e ou le niveau de précision (BONNIN, 1938 ; DE GEFFRIE R et MILLIAU, 1946 ; TROMEUR, 1946 ; B RIE, 1951 ; MANNEVY, 1953, 1959 ; LE FUR, 1954 ; SAUZAY, 1956 ; DONIOL, 1957 ; PELUCHON, 1961 ; BOURGOIN, 1961). Les mesures de profondeurs étaient effectuées exclusivement au plomb-poisson pour les levés anciens (LEBAIL, 1911 ; TROME UR, 1946) tandis que la mission hydrographique Agadir – Dakar et la mission hydrographique d’A.O.F. ont mobilisé, en plus de ces outils, des sondeurs acoustiques (BONNIN, 1938 ; DE GEFFRIE R et MILLIAU, 1946 ; TROMEUR, 1946 ; B RIE, 1951 ; MANNEVY, 1953, 1959 ; LE FUR, 1954 ; SAUZAY, 1956 ; DONIOL, 1957). Tout es les sondes sont rapportées au niveau loc al de la plus basse mer. Sur les cartes à grande échelle, est représenté, autant que l’échelle le permet, tout ce «qui couvre et découvre» pendant les basses mers, en d’autres termes, tout ce qui est compris entre le niveau de réduction des sondes et la «laisse de hautes mers» (MA RINE IMPERIALE, 1869 ; SERVICE HY DROGRAPHIQUE DE LA MARINE, 1914 ; 1949).

La codification des détails hydrographiques et topographiques (réseau hydrographique,

aménagements, morphologie du terrain, etc.) représentés sur les cartes se faisait conformément aux conventions édictées dans les «Dispositions générales … Signes conventionnels et abréviations

adoptés au dépôt des cartes et plans de la Marine» pour les documents du 19e jusqu’aux années 1940 et l’ouvrage 1 D «S ymboles et abréviations figurant sur les cartes marines françaises» pour les cartes plus récentes. Ces ouvrages indiquent la signification de tous les figurés conventionnels adoptés pour représent er les objets et les contours de la côte. De plus, sur les cartes, surtout les plus

anciennes (19e – début 20e siècle), un système de hachures et d’estompage des niveaux de gris

donne une perspective aérienne des objets et permet de figurer en élévation les éléments remarquables de la topographie littorale comme les falaises, les dunes, etc. sans oublier les amers

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particulièrement utiles pour le géoréférenc ement des cartes. Cette représentation en perspective permet de distinguer le pied et le haut de dune ou de falaise. Ces éléments donnent à ces documents anciens un graphisme très soigné. Par exemple, sur la Langue de Barbarie, les deux éditions de la carte N° 1295 et la carte N° 4892 de 1894 contienne nt même un dessin de la ville de Saint-Louis, vue du large au droit du quartier de Guet Ndar et de l’embouc hure du fleuve.

Le choix des cart es pour l’analyse locale de l’évolution du trait de côte sur les différents sites présélectionnés repose sur les mêmes principes que celui des cartes à petite échelle. Nous avons choisi de préférence des cartes ay ant des échelles proches ou les différentes éditions d’une même carte couvrant les sites présélectionnés (Langue de B arbarie, Baie de Gorée) pour éviter les simplifications de tracés dues aux variations d’échelle (Tableau 15).

Tableau 15 : Documents cartographiques sélectionnés pour l’analyse de l’évolution du littoral de la

Langue de Barbarie et de la Baie de Gorée

Numéro de la carte

Année

d’édition Titre

Origine des données cartographiées (zone littorale

uniquement) Extension spatiale Echelle 3592 1877 Côte occidentale d’Afrique. Carte particulière de la Baie de Gorée Levé en 1875 – 1876 par le lieutenant de vaisseau BESSON, à bord de la «Vénus». 14°32’ – 14°45’ N 17°06’ – 17°26’ W 1/39 900 1929 La topographie a été corrigée en 1928 d’après les

photographies aériennes prises en 1927

5852 1939 Afrique Occidentale

Française. Sénégal. Baie de Gorée

Levé exécuté de 1935 à 1937 par la mission hydrographique d’A.O.F. sous les directions de BONNIN et DE GEFFRIER, lieutenants de vaisseau et de MILLIAU, enseigne de vaisseau

14°29’ – 14°46’ N 17°05’ – 17°31’ W 1/50 000 4892 1894 Côte occidentale d’Afrique. Mouillage de Saint-Louis ou de Guet Ndar et barre du fleuve Sénégal

La topographie provient du levé fait en 1894 par le lieutenant de vaisseau BUCHARD. 15°48’–16°03’ N 18°45’ – 18°57’ W 1/50 990 1928 Côte ouest d’Afrique. Sénégal. Mouillage de Saint- Louis. Barre du fleuve Sénégal En 1928, la topographie a été

corrigée d’après les

photographies aériennes prises en 1927

Les cartouc hes et les minut es topographiques auraient pu présenter un grand intérêt mais aucun des sites présélectionnés n’est couvert par deux minutes ou deux cartouches de même échelle et de dates différentes. En out re, les minutes portant sur la Langue de B arbarie et Nouakchott sont très dépouillées et limitées uniquement au trait de côte, alors que sur la Baie de Gorée, elles datent de 1936 et ont été élaborées à partir de photographies aériennes que nous avons pu acquérir.

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