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Les évolutions linéaires ont été mesurées automatiquement grâce au programme DSAS version 2.2.1 (THIE LER et al., 2004) suivant des transects perpendiculaires aux lignes à comparer. Ces transects terre/mer, espacés de 5 m, sont générés à partir d’une ligne de base (Figure 96). Le DSAS mesure les distances entre les points d’intersection des t rans ects et des traits de côte, calcule les taux d’évolution le long de c haque transect et restitue les résultats sous forme de t ables

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attributaires. Par la suite, tous les transects générés ont été cont rôlés pour vérifier et éliminer les transects aberrants (Figure 96b) ou ceux qui étaient situés dans les zones où les lignes de référence n’ont pas pu être numérisées et dans les zones où la qualité du géoréférencement était médiocre.

Figure 96 : Exemple de transects et d’une ligne de bas e générés par le DSAS pour mesurer

l’évolution du trait de côte de Mbour à la Pointe Sarène de 1954 à 1997

L’estimation de la cinématique littorale et la cartographie des taux d’évolution sont basées sur l’analyse des tables attributaires générées automatiquement. Pour appréhender l’évolution temporelle de la position du trait de côte, nous avons choisi deux indices proposés par le DSAS : l’indic e EPR (End Point Rate) pour évaluer l’évolution entre l’emplacement de deux traits de côte successifs et le LR (Linear Regression) pour estimer les taux d’évolution de chaque site sur l’ensemble de la période d’étude. Pour rappel, la régression linéaire d’us age très répandu dans la littérature est considérée comme la meilleure méthode pour estimer les tendances évolutives du littoral sur le long terme (DOLAN et al., 1991 ; FENS TER et al., 1993).

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Les zones qui présentaient une tendance positive ou négative homogène ont été regroupées en secteurs. Ce regroupement produit une ségrégation naturelle du rivage en segments (BYRNES et HILAND, 1994). Par la suite, les mesures de distance et les taux d’évolution concernant ces segments de côte ont été moyennés pour cart ographier l’évolution diachronique de la position des lignes de référence de chaque site.

Une estimation des surfaces gagnées ou perdues a aussi été effectuée en superposant et en intersectant les lignes de référence à un même niveau. E nsuite, elles sont fusionnées pour constituer un seul thème avec ArcToolsbox puis converties en polygones dans ArcCatalog ou MapInfo 6.0 et leurs surfaces calculées automatiquement. Pour tenir compt e de la marge d’erreur, on a établi un

buffer, une zone tampon représentant la marge d’erreur autour de chaque ligne de référence (Figure

97).

Figure 97 : Représ entation graphique des bilans surfaciques bruts et des bilans

surfaciques nets. Exemple de la période 1978 – 1997 concernant un segment du littoral entre Mbour et Pointe Sarène.

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Conclusion du chapitre III

Tout comme notre analyse régionale, notre étude diachronique de l’évolution du littoral ouest- africain fondée sur l’analyse de documents cartographiques anciens et d’images aériennes, comport ent de nombreuses sources d’incertitude.

Sur les cartes marines, les sourc es d’incertitude sont de deux ordres. Le premier facteur est lié à la qualité des cartes. Toutefois, cette erreur n’est pas quantifiable en l’absence de détails sur les levés hydrographiques de base et les procédés d’ét ablissement de toutes les cartes utilisées. Dans ces conditions, nous nous sommes basés sur les indications générales portées sur les cartes, les renseignements bibliographiques ainsi que l’examen et la comparaison des documents cartographiques entre eux pour mettre en évidence des incohérences éventuelles. Ainsi, l’analyse de certaines cartes marines, à grandes échelles a révélé quelques faits incohérents avec des processus naturels d’évolution du littoral. En effet, l’édition de 1877 de la carte N° 3592 (Carte particulière de la Baie de Gorée au 1/39 900) contient des dét ails topographiques inexacts qui se t raduisent par une représentation erronée des contours du trait de côte entre Dakar et Mbour. De même, l’édition de 1928 de la carte N° 4892 (Mouillage de S aint-Louis au 1/50 990) est entac hée d’erreurs locales de positionnement des objets au nord et au sud de S aint-Louis. Cette précision spatiale variable des cartes marines doit être prise en compt e et inviter à la prudence dans l’interprétation des résultats obtenus. Le deuxième type d’erreur qui affecte la précision du zéro hydrographique ou de la «laisse

de haute mer» relève de l’exploitation des données cart ographiques à travers les processus de

digitalisation et de géoréférencement. Celle-ci entraîne une erreur inférieure à 4 m dans le premier cas et dans le deuxième cas, une incertitude qui varie de 9 à 12 m s elon l’épaisseur des t raits et l’échelle des cartes. Il en résulte une marge d’erreur globale de 26,91 m pour les cartes de la Langue de Barbarie et de 28,5 m pour le secteur de B argny à Yène-s ur-mer. Ces marges qui ne tiennent pas compte des incertitudes liées à la précision aléat oire des documents cartographiques ne sont que de simples approximations donnant une idée des erreurs induites par notre mét hode de traitement.

Pour les images aériennes, les incertitudes relatives à la précision du GPS lors de l’acquisition des points de calage, au géoréférencement des images, à la numérisation des lignes de référenc e et aux variations du niveau de deux pleines mers consécutives ont été évaluées.

Les erreurs liées au GPS ont été estimées à ±4 m sur la base de c omparaisons entre des points GPS et des coordonnées de bornes géodésiques de l’IGN alors que l’erreur RMS résultant du calage des images s’est révélée toujours inférieure ou égale à 0,5 pix el.

Quant à l’erreur de numérisation des lignes de référence, elle est difficile à estimer puisqu’elle est variable dans le temps et fonction de la qualité des images. De plus, comme l’ont signalé RUGGIE RO

et al. (2003), il n’existe pas de méthodes objectives pour quantifier ce paramètre. Nous nous sommes