4. FINDINGS - THE CASE OF OPERA
4.5. INTEGRATION AS A CONSEQUENCE OF
sculpture
Milieu du XVI
esiècle
pierre calcaire polychromela Foi : h. 149 cm ; l. 45 cm ; p. 45 cm La Charité : H. 155 cm ; L. 64 cm ; P. 31 cm
Chœur
Classé au titre des monuments en 1862
Restauré en 2008 par Jean Delivré
nettoyage, interventions structurelles et retouches Budget : 8 000 €
C
es statues sont attribuées à Dominique Florentin. En 1550, il reçoit la com- mande d’un jubé pour la collégiale Saint-Etienne à Troyes, détruit en 1791. En 1792, le mobilier de la col- légiale a été dispersé : toutes ses statues se trou- vèrent reléguées au dépôt de Saint-Loup, actuel musée des Beaux-Arts de la ville de Troyes. La Foi et la Charité ont ensuite été réclamées par l'abbé Germain, curé de l'église Saint-Pantaléon. La Foi est représentée debout, accusant un contrapposto du côté gauche. Les bras croisés sur la poitrine, elle tient dans ses mains ses attributs : un calice et une croix. Elle est vêtue d’une tunique La Foi (attribuée à Dominique Florentin).Eglise Saint-Pantaléon de Troyes (Aube) © P. Stritt
aube troyes eglise saint-pantaléon
fine. De nombreuses traces de polychromie sont visibles en de multiples endroits et permettent de se figurer dans les grandes lignes l’aspect coloré d’origine : les ceintures, les bordures des chemises et les galons des robes étaient dorés. Des traces rosées sont disséminées sur le cou, le visage et les oreilles. Les terrasses étaient vertes et les yeux ble- us. On trouve également sur les deux sculptures des traces d’un repeint rose assimilable à un badigeon. La présence de la couche picturale authentique était en revanche trop faible pour envisager un dégagement.
Les retouches effectuées pour réduire la visi- bilité d’interventions antérieures ont redonné une certaine cohésion visuelle aux œuvres. Les contras- tes ont été atténués au niveau des visages qui ont retrouvé toute leur grâce.
frangée au bas et surmontée d’un surcot, retenu par des broches visibles sur son bras droit ; un manteau repose sur son épaule gauche. Sa coiffure est assez travaillée, les cheveux relevés en arrière, agrémen- tés de petites tresses.
La Charité porte dans ses bras un enfant qu’elle allaite et deux autres sont à ses pieds : pendant que l’un se couvre du drapé, l’autre essaie de grimper. On remarque une musculature assez développée chez ces enfants. Quant à la Charité, elle porte une robe à manches courtes, décolletée sous la poitrine et resserrée par une large ceinture brodée. Sa coif- fure ressemble à celle de la Foi.
Les vêtements, les coiffures et la musculature des enfants affichent clairement un emprunt à l’art antique.
Sur la Foi, de nombreuses altérations structurel- les étaient observables en particulier sur l’extrémité de la croix. Cette dernière avait été reconstituée lors d’une intervention ancienne, mais l’oxydation des goujons en fer qui la maintenaient en place l’avaient fait éclater. La fissuration de la partie haute du calice avait créé des lacunes qui avaient été rebouchées. L’extrémité du pied droit de la Foi, des franges de son manteau, ainsi que la base de la sculpture présentaient de nombreux éclats. La tête avait également été recollée, mais les plans de part et d’autre du cou ne se rejoignaient pas par- faitement. La Charité présentait moins d’altérations structurelles, exceptés quelques manques (pointe du nez, chevelure de l’enfant allaité ou l’épaule gauche de celui qui s’agrippe) et des cassures (cou, bras et poignet droits, pied gauche de l’enfant allaité ou poignet de celui qui s’agrippe). Les surfaces de ces deux œuvres étaient fortement empoussiérées et encrassées.
Les œuvres ont d’abord été nettoyées. Des bou- chages d’anciennes cassures qui avaient fortement viré avec le temps ont été reprises : pour la Foi, sur la croix, le calice et le cou ; pour la Charité, sur la pointe du nez. Les bordures des deux statues ont été légèrement retouchées. Les visages ont eux aussi été repris pour atténuer les contrastes entre les zones polychromées, celles recouvertes de préparation et la pierre nue.
L’analyse de la stratigraphie a révélé sur les deux statues la présence d’une couche préparatoire très
La Charité.
Eglise Saint-Pantaléon de Troyes (Aube) © P. Stritt
aube
troyes
eglise saint-jean-au-marché
Vierge de Pitié
sculptureXVI
esiècle
pierre calcaire polychrome H. 58 cm ; L. 143 cm ; P. 47 cm
Classé au titre des monuments historiques (liste de 1840)
Restauré en 2005 par Jean Delivré
nettoyage, collage des orteils et retouches locales Budget : 2 116 €
L
e Christ est soutenu par la Vierge, après ladescente de croix. La Vierge est assise, la tête inclinée et la main gauche sur le cœur, souten- ant le Christ sur ses genoux en passant la main sous son flanc droit. Elle porte un voile sur la tête, et revêt une longue robe couvrant ses pieds, surmontée d’un manteau. Le Christ est inerte, son bras droit pend dans le vide. Il est coiffé de la couronne d’épines et affiche ses stigmates. On remarque que les coulures de sang des plaies sont réalisées en volume. Les chevelures sont stylisées d’une manière assez particulière, presque géométrique.
Le support présentait un certain nombre de manques et d’éclats. Le pouce de la main gauche du Christ et ses orteils étaient manquants et quelques éclats étaient observables sur la couronne et le perizonium. Le bord du drapé sous le coude et le pouce droit de la Vierge étaient également manquants. La base présentait deux lacunes importantes aux extrémités. Usure et frottements avaient abîmé la surface.
L’œuvre a été nettoyée et dépoussiérée. Les orteils en plâtre du Christ ont été recollés et des petits bouchages ont été réalisés. La fissure du gros orteil du pied gauche a été comblée. Des retouches locales ont été réalisées avec un glacis d’aquarelle, sur les petites épaufrures, les éclats du voile de la Vierge et sur le torse du Christ.
La polychromie ne persiste qu’à l’état de traces. Cepen- dant, on peut affirmer que la sculpture était entièrement polychromée à l’origine. Le bouche-pore était d’une couleur ocre assez soutenue, la terrasse était verte. L’état de cette polychromie laisse supposer qu’un décapage complet a été réalisé lors d’une précédente restauration.
Des traces de façonnage du bloc sont encore visibles à l’arrière. En effet, on observe des traces de pointes pour le travail de dégrossissage et de ciseaux pour la taille du plan vertical arrière. L’étape de sculpture a été réalisée avec une gradine large, puis avec une plus fine. Les traces de finitions se caractérisent par l’emploi de gratte-fonds à dents, utilisés pour égaliser les traces d’outils du façonnage des volumes. On trouve également des évidements assez profonds sous les per- sonnages. Cette technique, surtout utilisée par les sculpteurs sur bois, permet, en plus d’alléger l’œuvre, de minimiser les risques de déformation. Il est donc intéressant de voir cette technique adaptée à la taille de la pierre.
La lecture de l’œuvre est maintenant plus aisée grâce aux retouches effectuées au glacis d’aquarelle qui ont permis d’atténuer des contrastes trop forts. Les rebouchages et les recollages lui ont rendu une partie de ses volumes.
Vierge de Pitié.
Eglise Saint-Jean-au-Marché de Troyes (Aube) © P. Stritt
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