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5. Regionale miljøprogram – oppfatningar frå den kommunale

5.5 Effektar av RMP

Boston, Logan Airport. Premier contact avec big brother : service de l’immigration américaine. Empreinte digitale des deux index, photo, scan du passeport. Je suis dans le boite et acceptée sur le sol américain. J’évite de penser aux usages de ces données personnelles par l’oncle Tom et à la vague sécuritaire qui limite drastiquement les libertés sur le net. Je me retrouve nez-à-nez à un gigantesque drapeau américain barré de la bannière « support our troup ». A priori, personne n’a pensé à limiter l’anti- américanisme primaire des frenchies en visite… Welcome in the USA !

Je traverse le hall de l’aéroport. Tout le long d’un mur, de petites cabines offrent un tabouret inconfortable, une tablette et un câble pour que les hommes d’affaires en transit connectent leur propre ordinateur… pratique, mais cher. Idem pour le wifi - prononcer waïfaï. La connexion sans fil est proposée ici dans tout l’aéroport en échange d’un abonnement payant pour accéder au service. Aux Etats-Unis, vous comprenez très vite que la connexion au net est partout possible mais à deux conditions incontournables : avoir son propre ordinateur et pouvoir payer un abonnement.

Car en Amérique, parler d’accès public à l’internet n’a pas du tout le même sens qu’ en France et plus largement en Europe, où le souvenir de la responsabilité de l’Etat dans l’offre de service au public est encore présent. Aux US, il s’agit ici de fournir de l’accès « aux » publics et la responsabilité en revient au marché et aux communautés…et non spécifiquement aux pouvoirs publics.

Ainsi, le maire de Boston, Thomas Menino, a lancé en février 2006 un groupe de travail pour étudier la meilleure façon de couvrir toute la ville en wifi44. Cette démarche a reçu

des financements privés et l’offre de connexion aujourd’hui se répand sur la ville grâce aux actions conjuguées de la municipalité, de donateurs privés et de communautés locales45.

La connexion est possible dans tous les cafés, où dans la majorité d’entre eux. Des jeunes et moins jeunes font face à l’écran de leur ordinateur personnel en sirotant un cappucino. Mon café préféré est le 1369 à Inman square46. Plus cosy que les Starbucks où on s’arrache les places, moins pour la qualité relative du café que pour la connexion au net. Toujours beaucoup d’étudiants car nous sommes sur un territoire où la concentration de matière grise est une des plus dense de la planète. A Boston, un bâtiment sur deux appartient à une université ou à un collège, et il suffit de traverser la Charles river pour se retrouver à Cambridge sur le campus d’Harvard ou celui du MIT. A Harvard, la plupart des bibliothèques vous offrent une connexion gratuite. Parfois, l’accès est limité aux étudiants et vous devez donner votre numéro de carte pour vous connecter. Dans d’autres cas, comme dans une salle de travail du MIT, vous vous connectez gratuitement en tant qu’invité pour quelques jours. Au Stata Center du MIT, immeuble splendide aux alvéoles de Franck Gerry, le sans fil est partout. Ici, l’esprit communautaire prévaut sur le service payant réservé aux membres. L’espace est vaste, inondé de lumières, coloré…il y a une bibliothèque d’échanges gratuits : vous déposez vos livres et empruntez ceux des autres. Une crèche, un centre sportif, une cafétéria et beaucoup de longues tables ou les étudiants travaillent sur leur ordinateur. Seuls six écrans incrustés dans un des murs sont mis à la disposition du public. Mais peu d’affluence.

Je me rends à la Boston Central Library47, en priant pour que la connexion via mon mac soit possible ; au guichet, une mamie très aimable m’informe que cela ne pose aucun problème mais que je dois devenir membre de la bibliothèque. Je me rends à un autre guichet où ma culture me fait déjà craindre l’énumération d’une longue liste de pièces à fournir pour devenir adhérente de cette prestigieuse bibliothèque.

Le jeune homme qui me fait face me déconcerte en me demandant « quelle couleur ? ». Devant mon air ébahi, il précise « votre carte, quelle couleur ? » ! et me voilà dotée

45 http://www.newburyopen.net/ 46 http://www.1369coffeehouse.com/ 47 http://www.bpl.org/central/internet.htm

d’une magnifique carte de membre rouge pompier qui va me permettre de me connecter gratuitement sans fil ou par câble. Et ceci dans un décor somptueux de vieille bibliothèque, aux longues tables de chêne et aux petites lampes vertes.

Je découvre amusée cette autre spécificité américaine : la carte de membre, à tout et à n’importe quoi. Vous avez accès à une palette des services « réservés » aux membres. Vous découvrez assez vite que cela ne veut pas dire grand-chose puisque tout le monde peut être membre… D’où des écriteaux annonçant très sérieusement à l’entrée de certains lieux : « members and no members only » !

Je passe au supermarché avant de rentrer à la maison ; nous sommes tout juste en novembre et il fait déjà un froid de loup. J’enfonce mon bonnet sur mon front. Les Bostoniens sont encore en chemise. Je me dis que je n’ai encore rien vu de l’hiver et j’en frissonne d’autant plus. Dans le magasin, des bornes d’accès dès l’entrée. On peut se connecter au site du magasin pour vérifier que certains produits sont disponibles, ou aller visiter des sites de recettes de cuisine, ou tout autre site48. Il n’y a jamais personne devant ces bornes. Dans un magasin d’une chaîne de vêtements très répandue aux US, j’ai aperçu des bornes internet engageant à « trouver moins cher ailleurs ».

Un type est accroupi sur le trottoir et fait de l’équilibre dangereux avec son ordinateur. Je m’approche, il lève la tête et me sourit « je suis perdu ! » ; un plan s’affiche sur son écran. il est sur mapquest49, l’équivalent de notre mappy. Il doit y avoir une borne wifi quelque part que son propriétaire met gratuitement en partage. On retrouve cet esprit communautaire dans la logique du réseau FON50 qui se répand très rapidement ici comme en France. Des usagers partagent les coûts d’achat et l’usage de la bande passante.

A Boston, la connexion semble un réflexe accompagnant chaque geste quotidien : on fait un virement bancaire, on signale ses symptômes à son docteur qui vous prescrit une ordonnance en ligne et on la transmet par mail à la pharmacie pour retirer ses médicaments le soir même51.

48 http://www.wholefood.net/index.htm 49 http://www.mapquest.com/

50http://fr.fon.com/ et le blog, http://blog.fon.com/fr/ 51 http://www.cvs.com/CVSApp/cvs/gateway/rxhome

La connexion est possible partout ou presque, elle est offerte par des prestataires privés et elle est payante, ou par des communautés locales et elle est gratuite. Elle a deux limites : le marché et le puritanisme. L’Amérique, quoi !

Véronique Kleck

Les Accès Publics à Internet au Mexique et le développement