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Paper 5: Modeling the effects of heteroresistance with multiple infected sites

3.3 Tuberculosis treatments

3.3.2 Paper 5: Modeling the effects of heteroresistance with multiple infected sites

Nous terminons ce chapitre sur le développement de la notion de « silence sacré » dans les années qui ont suivi le Concile par cette Lettre circulaire aux Présidents des

Conférences épiscopales au sujet des prières eucharistiques, envoyée par la Congrégation

pour le Culte Divin le 27 avril 1973 : elle consacre également un paragraphe au silence. Ce document veut légiférer et lutter contre une prolifération de prières eucharistiques arbitraires261. Cette lettre précise, entre autres, que la prière eucharistique est un acte du ministère sacerdotal et doit être dite par le prêtre seul, tandis que les fidèles s’y unissent « dans un silence religieux » :

C’est pourquoi cette prière doit résonner seule, tandis que l’assemblée réunie pour célébrer la liturgie l’écoute dans un silence religieux262.

Le silence liturgique reçoit ici un nouveau qualificatif : il n’est pas seulement « sacré » mais aussi « religieux ». Nous reviendrons sur le sens de cette expression dans notre troisième partie263.

Venons-en au numéro 18 qui traite du silence. Le paragraphe précédent insiste sur l’ars celebrandi : le célébrant doit veiller à la manière de dire les oraisons et la prière eucharistique afin d’aider la communauté à les vivre profondément, à prier, à entrer dans la supplication ou la louange. Respecter des pauses de silence fait partie de cet art de bien célébrer :

Le silence sacré

En outre, pour donner toute leur force aux paroles et obtenir un plus grand profit spirituel, il faut toujours garder sa place au silence sacré (sacrum silentium servari debet) qui s’impose à certains

260 Ibidem, n° 66. 261

Cf. A. BUGNINI, Commentaire de la lettre « Eucharistiae participationem », p. 613.

262

SACRÉE CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN, Lettre Eucharistiae participationem, n° 8.

moments comme partie intégrante de l’action liturgique (cf. SC 30 et MS 17), ce qui est désiré par beaucoup. Ce silence, dont la nature dépend du moment où il est introduit, permet à chacun soit de rentrer en lui-même, soit de méditer brièvement ce qu’il a entendu, soit de louer et prier Dieu dans son cœur (cf. PGMR, 23) 264.

La deuxième partie du paragraphe reprend la Présentation générale du Missel romain, n° 23, que nous développerons au chapitre suivant. Nous ne la commenterons donc pas ici. La première partie fait référence à la Constitution conciliaire sur la liturgie et à l’Instruction

Musicam sacram. Quel est l’apport de cette Lettre circulaire de 1973 par rapport aux deux

références qu’elle cite ? Sacrosanctum Concilium, parlant des différents modes de participation active, ajoutait simplement : « On observera aussi en son temps un silence sacré ». Musicam sacram reprenait cette même phrase et ajoutait les finalités de ce silence : il permet aux fidèles de participer pleinement à l’action liturgique, non comme des spectateurs muets et étrangers, mais en étant associés au mystère célébré par l’écoute de la Parole, des chants et des prières et l’union spirituelle avec le célébrant. Nous restons dans le registre de la participation active. Eucharistiae participationem reprend l’affirmation du Concile, mais elle le fait d’une manière beaucoup plus insistante : « Il faut toujours garder sa place au silence sacré » ; celui-ci « s’impose à certains moments comme partie intégrante de l’action liturgique » (ut actionis liturgicae pars). De plus, ce silence « est désiré par beaucoup » (ut est

in votis multorum). Pourquoi tant d’insistance ? Parce que le silence permet de « donner toute

leur force aux paroles et obtenir un plus grand profit spirituel ». Les bienfaits du silence évoqués dans Musicam sacram sont intégrés dans cette phrase. Ce silence, toujours nécessaire pendant la célébration, est clairement une invitation à rejeter toute agitation qui ne suscite pas une atmosphère méditative et festive265. Le silence n’apporte pas seulement une dimension méditative (puisqu’il « permet à chacun soit de rentrer en lui-même » ou « de méditer brièvement ce qu’il a entendu »), mais aussi une dimension festive (en offrant la possibilité « de louer et prier Dieu dans son cœur »).

Nous le voyons, cette Lettre de 1973 insiste beaucoup plus sur l’importance du silence : il ne s’agit plus seulement de l’observer en son temps, mais de lui donner toute sa place.

Conclusion

Le concile Vatican II apporte un changement significatif dans la manière de concevoir l’Église, non plus comme une société pyramidale, mais comme Corps mystique du Christ et

264 S

ACRÉE CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN, Lettre Eucharistiae participationem, n° 18.

265 Cf. R. K

ACZYNSKI, Ein mittlerer Weg. Das Rundschreiben der Gottesdienstkongregation über die

Eucharistischen Hochgebete, p. 115 : „Ein weiterer Hinweis spricht von der immer wieder nötigen Stille

während des Gottesdienstes und lehnt alle geschäftige Betriebsamkeit ab, die eine meditative und festliche Atmosphäre nicht aufkommen lässt“.

Peuple de Dieu, dont la hiérarchie (sacerdoce ministériel) est au service du sacerdoce commun des fidèles. La réforme liturgique s’inscrit dans ce mouvement : la liturgie ne doit plus être l’affaire des seuls clercs au maître-autel, mais l’action de toute l’assemblée conduite par le ministre ordonné. Ce changement de perspective, mûri par des décennies de travail et de réflexion, accompagné de documents pontificaux qui ont précédé le Concile, apporte une nouvelle vision sur la liturgie qui met en avant la participation active des fidèles.

Cette « action » n’est pas à confondre avec le « faire » : en inscrivant le silence comme l’un des modes privilégiés de la participation active de tous, la Constitution sur la liturgie indique clairement que cette participation doit être également intérieure.

Le Concile demande donc que le « silence sacré soit observé en son temps ». L’expression « silence sacré » se trouvait déjà dans l’Instruction De musica sacra de 1958, mais principalement dans le sens restrictif des moments dans la liturgie où orgue et chœur doivent se taire. Le Concile reprend cette expression dans un tout autre sens, qui sera développé dans les années suivantes. Le silence liturgique permet aux fidèles d’être associés plus intimement au mystère qu’on célèbre (Musicam sacram, n° 17), de faire siennes les prières de la messe et de méditer les paroles entendues.

Il devra être « partie intégrante de l’action liturgique » (Eucharistiae participationem, n° 18). Nous allons voir comment le silence va donc être « intégré » dans la première édition typique du Missel promulgué par Paul VI.