2. Aktionsforskning
2.3 Forskningsfältet: skolutveckling och kvalitetsbegreppet
Un nouveau paragraphe
La tertia editio ajoute en effet ce paragraphe dans la présentation des rites de la liturgie de la Parole :
PGMR 56. Le silence (Silentium)
La liturgie de la Parole doit se célébrer de manière à favoriser la méditation, c’est-à-dire en évitant toute forme de précipitation qui empêche le recueillement. Il est même bon qu’elle comprenne quelques brefs moments de silence (brevia momenta silentii), adaptés à l’assemblée réunie : par ce moyen, avec l’aide de l’Esprit Saint, la parole de Dieu est accueillie dans le cœur et la réponse de chacun se prépare dans la prière. Ces moments de silence peuvent opportunément être observés,
par exemple, avant de commencer la liturgie de la Parole, après la première et la seconde lecture,
et enfin après l’homélie.
La formulation est quelque peu différente de celle de la PGLR, le propos est atténué : « le dialogue… exige de courts moments de silence » devient « il est même bon qu’elle comprenne quelques brefs moments de silence ». Mais l’intention est la même et l’insertion d’un tel paragraphe manifeste le souci grandissant de laisser une place au silence, notamment dans la liturgie de la Parole.
Ces nouveaux paragraphes comportent trois parties : 1. l’intention générale, 2. l’invitation au silence et sa finalité, 3. les moments précis où ces moments de silence pourront être observés.
1. L’intention générale est que « la liturgie de la Parole doit se célébrer de manière à favoriser la méditation ». Cette partie importante de la messe ne consiste donc pas uniquement en une transmission d’un certain nombre de paroles bibliques et de commentaires, mais il faut veiller à ce que ces paroles soient accueillies et aient la possibilité d’être méditées. Autrement dit, il ne s’agit pas d’écouter rapidement une série de lectures avant de passer à autre chose,
359
Cf. R. COFFY, Le mystère de l’Eucharistie, 1e partie, 1996, p. 44-45 et P. DESTHIEUX, La messe… enfin, je
mais d’accueillir en Église et personnellement une Parole qui nous est adressée. Pour ce faire, il faut éviter toute précipitation. En effet, un enchaînement trop rapide des lectures « empêche le recueillement » et ne laisse pas de place à la méditation.
2. Pour que la liturgie de la Parole favorise la méditation et que l’on évite toute forme de précipitation, la PGLR et la PGMR demandent des brefs moments de silence « adaptés à l’assemblée réunie ». La présence et la durée de ces temps de silence devront donc être adaptés en tenant compte du type d’assemblée et ne seront pas les mêmes si celle-ci est composée de fidèles pratiquants ou de personnes peu habituées à la liturgie ou encore d’enfants, etc.
Ces courts moments de silence permettent à chacun d’accueillir dans son cœur la Parole de Dieu, ce qui demande un peu de temps, et de pouvoir y répondre par la prière, par une adhésion personnelle.
Les deux Présentations font bien de rappeler que cet accueil de la Parole et cette réponse personnelle ne peuvent se faire qu’avec l’aide de l’Esprit-Saint, lui qui nous fait comprendre, de manière toujours nouvelle, les paroles du Christ (cf. Jn 16,13). Grâce à cette action de l’Esprit-Saint, le silence offre un peu de temps pour que la Parole soit accueillie personnellement, « dans le cœur » et que chacun puisse se sentir concerné par cette Parole et se laisser interpeller. Alors, et seulement à cette condition, chacun pourra répondre à cette Parole dans la prière.
Le silence est un des moyens par lesquels « le peuple fait sienne cette parole divine et y adhère » (cf. PGMR 55360). Relevons néanmoins que ces « brefs moments de silence » ne permettront pas un approfondissement de la Parole comme dans le cadre de la lectio divina. Cependant, ceux-ci peuvent donner le « goût » d’approfondir par la suite les textes bibliques.
3. Quels sont les moments précis où ces temps de silence pourront être observés ? La troisième partie de ces paragraphes en propose quatre : avant de commencer la liturgie de la Parole, après la première et la seconde lecture, et enfin après l’homélie. Nous allons les développer.
Silence avant le début de la liturgie de la Parole
Le premier, « avant de commencer la liturgie de la Parole » (ex. gr, antequam
inchoetur ipsa liturgia verbi), est un ajout de dernière minute de la PGMR 2002, puisqu’il ne
figurait pas dans l’editio prae-typica de 2000. On le trouvait par contre déjà dans la PGLR de
360
PGMR 55 : « Cette parole divine, le peuple la fait sienne par le silence et les chants et il y adhère par la Profession de foi ». Silentio, « par le silence » a été ajouté dans la troisième édition.
1981. Ce temps de silence accompagne le moment où le lecteur se rend paisiblement à l’ambon, une fois que tous sont assis.
Silence après les lectures
Un temps de silence peut être observé après la première lecture, avant que tous y répondent par le chant du psaume responsorial, et après la seconde lecture, avant que l’on se lève pour le chant de l’Alléluia ou une autre acclamation. Ce silence permet une respiration, un temps d’appropriation. Ces deux temps de silence vont être détaillés dans le quatrième chapitre de la PGMR qui revient sur les différentes formes de célébration de la messe. Les rubriques vont être enrichies, comme nous pouvons le voir en comparant les deux premières éditions à la troisième :
PGMR (1970) 89. L’oraison [1978 : La collecte] achevée, le lecteur se rend à l’ambon, et fait la première lecture. Tous, assis, l’écoutent et, à la fin, prononcent [1978 : peuvent prononcer] une acclamation.
PGMR (2002) 128. La prière d’ouverture (collecte) achevée, tous s’assoient. Le prêtre peut, en
quelques mots très brefs, introduire les fidèles à la liturgie de la Parole. Le lecteur se rend à
l’ambon où le lectionnaire est déjà en place avant la messe, et il y proclame la première lecture que tous écoutent. À la fin, le lecteur dit l’acclamation : Verbum Domini (Parole du Seigneur), et
tous répondent : Deo gratias (Nous rendons grâce à Dieu).
On peut alors, si cela est opportun, observer un bref moment de silence (breve spatium
silentii) pour que tous méditent [brièvement] ce qu’ils ont entendu.
La rédaction définitive de la troisième édition typique (2002) supprime l’expression breviter, « brièvement », proposée par le premier projet (2000), qui constituait une répétition après le « bref » moment de silence, à moins qu’il ne traduise une appréhension que ce silence ne soit pas trop long…
La même dynamique sera observée au sujet de la deuxième lecture, qui peut également être prolongée par un bref moment de silence. Comparons une fois encore les deux versions :
PGMR (1970) 91. Ensuite, s’il y a une deuxième lecture avant l’évangile, le lecteur la fait à l’ambon, comme précédemment, tous étant assis pour écouter et disant à la fin l’acclamation. PGMR (2002) 130. S’il y a une deuxième lecture avant l’évangile, le lecteur la proclame à l’ambon; tous l’écoutent et, à la fin, répondent par l’acclamation comme indiqué ci-dessus (n.
128). Puis, si cela est opportun, on peut observer un bref moment de silence (breve spatium
silentii servari potest).
Dans ces deux paragraphes, on ajoute donc une phrase invitant à observer un bref moment de silence. La finalité est clairement indiquée : ce temps de silence permet de méditer la parole entendue.
Silence après l’homélie
Le quatrième temps de silence, vivement recommandé, se situera après l’homélie, afin de permettre à l’assemblée de réfléchir pendant quelques instants aux paroles entendues. Ce temps de silence est mentionné précisément dans le deuxième chapitre de la PGMR par l’ajout de cette phrase qui ne figurait pas dans les éditions précédentes :
PGMR (2002) 66. Après l’homélie, il sera utile d’observer un bref moment de silence (breve
spatium silentii servatur).
La présentation de l’homélie au quatrième chapitre sera aussi largement étoffée, comme nous pouvons le voir dans la comparaison suivante :
PGMR (1970) 97. L’homélie se fait au siège ou à l’ambon.
PGMR (2002) 136. Le prêtre, debout à son siège ou à l’ambon ou, si cela est opportun, à un
autre endroit approprié, fait l’homélie, à la fin de laquelle on peut observer un moment de silence (spatium silentii servari potest).
La formule qua finita, spatium silentii servari potest a donc été ajoutée dans la troisième édition. À noter que l’adjectif breve, « bref », du n° 66 n’apparaît plus dans ce n° 136.
Et dans les rubriques du Missale Romanum ?
La PGMR comporte donc un nouveau paragraphe consacré au silence dans la liturgie de la Parole et huit nouvelles occurrences. Allons-nous retrouver dans les rubriques correspondantes du Missel l’invitation à observer un bref temps de silence avant la liturgie de la Parole, après chaque lecture et après l’homélie ? Non, il n’y a aucune trace de silence dans le déroulement de la liturgie de la Parole de la tertia editio du Missale Romanum :
Missale Romanum (2002), p. 510-514. Liturgia verbi
Deinde lector ad ambonem pergit, et legit primam lectionem, quam omnes sedentes auscultant. Ad finem lectionis significandam, lector acclamat: Verbum Domini. Omnes respondent: Deo gratias. Psalmista, seu cantor, psalmum cantat vel dicit, populo responsum proferente.
Postea, si habenda sit secunda lectio, lector eam ex ambone legit, ut supra. Ad finem lectionis significandam, lector acclamat: Verbum Domini. Omnes respondent: Deo gratias. Sequitur
Alleluia [...]
Homilia expleta, cantatur vel dicitur, quando praescribitur, symbolum seu professio fidei: Toni integri in Graduali romano inveniuntur. Credo in unum Deum [...]
Il est vrai que le Missel ne peut contenir toutes les indications de la PGMR, dont le rôle est précisément de présenter en détail chaque rite de la messe. Nous trouvons cependant dans les rubriques du Missel des invitations à une brève pause de silence pendant le rite pénitentiel361, au cours de la prière d’ouverture362 ou après la communion363. Nous sommes donc étonnés de ne voir aucune évocation du silence dans la liturgie de la Parole. Tout au plus découvrons-nous une invitation à un temps de silence après l’homélie du Dimanche des Rameaux et de la Passion :
Missale Romanum (2002), p. 281. Post historiam Passionis habeatur, pro opportunitate, brevis
homilia. Etiam spatium aliquod silentii servari potest. Dicitur Credo et fit oratio universalis.
361 Missale Romanum (2002), p. 505 : “Fit brevis pausa silentii”.
362 Missale Romanum (2002), p. 510 : “Et omnes una cum sacerdote per aliquod temporis spatium in silentio
orant”.
363
Missale Romanum (2002), p. 602 : “Pro opportunitate sacrum silentium, per aliquod temporis spatium, servari”.
Etiam spatium aliquod silentii servari potest a été ajouté dans la troisième édition.
Mais pourquoi l’avoir inséré uniquement ici, pour le seul Dimanche des Rameaux (alors que cette invitation ne figure même pas dans la rubrique correspondante du Vendredi saint), et non pas dans l’Ordo Missae pour toutes les messes ? C’est, à mon avis, une omission qu’il serait bon de réparer à l’avenir, si l’on souhaite favoriser de brefs moments de silence dans la liturgie de la Parole, comme le demande la PGMR.