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Anleggsplanlegging: hygiene på dagsorden igjen

2. DET TEORETISKE GRUNNLAGET FOR HISTORISK ANALYSE AV

5.13. Anleggsplanlegging: hygiene på dagsorden igjen

L’Afrique du Sud, depuis la fin de régime de l’apartheid a subi de nombreux changements : le contexte social dans lequel évoluent aujourd’hui les participants de cette recherche n’est plus celui au sein duquel le gayle a émergé. Ils ne vivent plus dans l’illégalité, leur identité homosexuelle n’est plus proscrite par la loi et est désormais mieux acceptée et comprise au sein de la société, du moins en milieu urbain, même s’il reste un bout de chemin à faire vers une reconnaissance et une égalité complète. En s’appuyant sur l’exemple du Polari, il est possible de penser qu’une pratique comme le gayle aurait pu perdre en importance lorsque de telles transformations sont apportées dans les législations et que les homosexuels acquièrent des droits qu’aucune personne n’aurait cru possible il y a vingt-cinq ans. Toutefois, les changements sur papier ne se traduisent pas toujours de la même façon dans la tête des gens sur le terrain. Lorsqu’interrogé avec ses amis, Zorn explique pourquoi une variété linguistique comme le gayle est encore d’actualité et nécessaire dans le Cape Town d’aujourd’hui.

« We feel that we have our own language our own thing, cause within our community that we already grew up with, whether you Coloured, White, whatever your race whatever culture, I feel like it's also just for us to feel like we belong in a space, and I think that's also cause like growing up in the Cape Flats, I don't feel safe even today in 2019, so I think it's also just that so that we could feel like we are a community and we close-knit as well. » (Zorn)

Comme effleuré dans cet extrait, les questions liées à la sécurité et à la visibilité sont des thèmes intrinsèquement reliés à l’expérience homosexuelle en Afrique du Sud. Comment s’afficher et

être soi-même sans craindre pour son intégrité? Le gayle sert justement à cette cause, en créant un espace de confort, un sentiment d’appartenance et d’attachement à une communauté plus large. Il est également un outil expressif que se sont approprié les locuteurs et qui permet à ceux- ci de créer des liens de proximité et de socialiser avec des individus qui leur ressemble. Jordan s’est ouvert et confié en entrevue à propos de sa propre expérience en tant que jeune homosexuel coloured au Cap en lien avec celle d’une personne qui lui aurait ressemblé dans le passé.

« The thing for us is we are lucky to be able to express ourselves 'cause we have rights as gay individuals, so we can do, dress a certain way, dress how we want, how we feel comfortable dressing. We'll get the looks and everything but there's nothing people can do about it, so the thing is I've grown more into my skin (léger doute) this year, […] I'm expressing myself the way I feel comfortable dressing in, I know many people as well, (regarde directement la porte de la pièce où nous sommes, ses amis sont dans la pièce

voisine) outside, that have also become more comfortable in accepting who they are. »

(Jordan)

Sans directement lier son discours au gayle, il explique que les homosexuels d’aujourd’hui sont chanceux d’avoir l’opportunité de s’affirmer, de grandir en confiance et de s’exprimer de la façon qui leur plait. Incorporer le vocabulaire est une façon de créer des liens et de s’afficher au même titre que le sont les vêtements, par exemple. Comme vu précédemment, plutôt que de couvrir l’identité sexuelle de son locuteur, le gayle au contraire la souligne et la célèbre. Les deux commentaires qui suivent abondent dans le même sens tout en situant l’utilisation du lexique au sein de réflexions contemporaines.

« We feel as though we need this language amongst ourselves, I feel like we are a little more open you know, kind of, making a statement that, this is who we are this is the whole package you know, hm I don't think that anybody hides behind it anymore. » (Lily) « I think gayle, should be embraced, Gayle should be out there and it shouldn't be like a secret language, because we not secretive about being ourselves so I think it is a language that we should be honoured to share with all races, all sexualities and just be like, gayle for the world, you know what I mean? Gayle for everyone! » (Kyla)

Ici, l’on comprend bien qu’à l’époque actuelle les participants démontrent une ouverture au partage, à la diversité et à l’inclusion de personnes aux horizons et expériences multiples au sein de la pratique linguistique. Le gayle est un élément clé dans la création, la consolidation et l’affirmation des identités des locuteurs; c’est une source de fierté plutôt que quelque chose derrière lequel ils se cachent. Toutefois, Lily à la fin de son commentaire, laisse entendre que

cela n’a pas toujours été le cas, qu’une telle démonstration langagière est peut-être propre aux nouveaux contextes sociaux. À la lumière de ces extraits d’entrevues, il semble que le gayle, en tant que pratique linguistique ai subi quelque transformations, au niveau de la forme, de ses fonctions ainsi que de son contenu et que cela se fait ressentir dans l’expérience interactionnelle des participants.