5. RESULTS
5.2 R EGRESSION A NALYSIS
5.2.3 Overall Regressions
Pour une institution collégiale, la force de rétention se définit en fonction de son bassin interne, c’est-à-dire en fonction de la portion du territoire québécois que l’institution est supposée desservir13. Combien, parmi les nouveaux diplômés du secondaire de ce territoire, s’inscriront dès l’année suivante à l’institution collégiale?
La force de rétention est un élément fondamental de l’évaluation du niveau de vitalité d’une institution collégiale. Deux facteurs améliorent la force de rétention d’un cégep « X » :
• une plus grande proportion de diplômés du secondaire (résidents du territoire associé au cégep « X ») s’inscrit aussitôt que possible au collégial.14
13
Voir la note no.6 de la section 3.0.1 pour la définition du bassin interne.
14
Cet élément est relativement « externe » au cégep : il dépend de la capacité des écoles secondaires à faire diplômer leurs élèves. Par exemple, un cégep pourrait profiter du fait qu’une école secondaire soit particulièrement efficace à amener ses élèves jusqu’au diplôme. Cet élément dépend aussi de l’importance de la formation professionnelle : dans certaines régions, la FP est très populaire parce qu’elle donne accès à des emplois industriels. Un cégep pourrait être désavantagé parce que les diplômés du secondaire de son territoire préfèrent entrer sur le marché du travail plutôt que de poursuivre leurs études au collégial.
• parmi les nouveaux inscrits au collégial (provenant du territoire associé au cégep « X »), une plus grande proportion fréquente le cégep « X » plutôt que toute autre institution collégiale.
Plus un cégep est attrayant, plus il incitera les jeunes de son territoire à poursuivre leurs études au collégial, et à le faire plutôt dans ce cégep qu’ailleurs.
Le MELS possède des statistiques sur le nombre de nouveaux inscrits au collégial15 qui arrivent directement du secondaire (inscrits en secondaire 5 l’année scolaire précédente). Ces données n’incluent ni les étudiants du collégial à temps partiel, ni les étudiants inscrits à l’enseignement continu. Cette compilation de données est conçue pour répondre aux besoins spécifiques du système prévisionnel du MELS. Pour notre étude, on regroupe les données allant de l'automne 2002 à l’automne 2007. L’objectif de ce regroupement est de former une masse significative d’étudiants, puisque, dans bien des cas, les effectifs impliqués sont très petits; une analyse annuelle serait téméraire, voire impraticable, et dépourvue de toute signification statistique. Les données de l'automne 2007 demeurent les plus récentes disponibles au moment d'effectuer les présents travaux.
Le taux de rétention du bassin étudiant interne se calcule en rapportant le nombre d’étudiants qui sont demeurés au sein de leur bassin interne pour effectuer leur entrée au collégial sur l’ensemble des diplômés du secondaire provenant de ce bassin qui ont poursuivi des études postsecondaires. Ainsi conçu, l’indice se limite au second des deux facteurs cités plus haut : le facteur externe qu’est le niveau de diplomation du secondaire est donc évacué. Le taux de rétention calculé pour un cégep n’est donc pas influencé par la capacité des écoles secondaires à fournir des diplômés.
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Nouveaux inscrits à l’enseignement ordinaire à temps plein, selon le cégep de destination et l’école secondaire d’origine.
Pour l’analyse régionale, l’indice porte sur les nouveaux inscrits qui ont effectué le passage direct du secondaire au collégial pour l’ensemble des programmes de DEC16.
Taux de rétention du bassin étudiant interne :
ET / DT-1 * 100
E : Effectif étudiant nouvellement inscrits au collégial au cégep de leur bassin interne D : Diplômés du secondaire provenant de ce bassin interne
T : Année scolaire
À l’échelle des bassins internes propres à chaque cégep, seuls les nouveaux inscrits qui ont fait le passage direct du secondaire au collégial préuniversitaire (ou session d'accueil et d'intégration et session de transition) seront pris en compte, à l’exclusion des nouveaux inscrits au collégial technique. Les principaux programmes préuniversitaires, comme les programmes d’accueil ou de transition sont en effet offerts dans chacune des institutions collégiales. Par contre, chaque cégep n’offre qu’une petite sélection de programmes techniques. De la sorte, pour un étudiant qui se destine à un programme technique, il est très possible que le programme désiré ne soit pas offert dans le cégep compris dans son bassin interne. En conséquence, il serait hasardeux de mesurer le taux de rétention du cégep lorsqu’on sait qu’une importante proportion de diplômés du secondaire n’ont d’autres alternatives que de quitter leur bassin pour entreprendre des études collégiales techniques. De plus, calculer le taux de rétention en y incluant les programmes techniques introduirait un biais : pour tous les cégeps, l’indice serait abaissé et cela pénaliserait particulièrement les campus satellites.
Alors que le taux de rétention au niveau des institutions collégiales se limite à l’étude des programmes préuniversitaires et de session d'accueil et d'intégration et session de transition (SAI-ST), le taux régional, qui inclut la formation technique, peut cacher plusieurs subtilités. Après avoir fait l’analyse de l’indice régional, nous décomposerons l’indice en plusieurs composantes afin de déceler ces subtilités potentielles.
• d’abord pour l’ensemble de tous les programmes techniques,
• ensuite pour les seuls programmes techniques qui sont offerts dans la région.
• finalement pour les programmes préuniversitaires et de session d’accueil et d’intégration et session de transition (SAI-ST).
Au fil de ces différentes étapes, on analysera la situation des diplômés du secondaire dont la langue d’enseignement était l’anglais. Cette sous-population, malgré ses faibles effectifs, peut avoir une influence sur le taux de rétention. Nous porterons également une attention particulière à la conciliation entre l’offre de formation régionale et le choix de programme effectué de l’étudiant.
Pour ce qui est du système de cote, la moyenne des résultats des 17 régions administratives a servi de référence. Une marge de 6 % sépare les divers échelons; ce choix permet une classification des résultats des 17 régions administratives dans les différents échelons. Ainsi, la cote médiane (B) est égale à 70 %, plus ou moins 3 %, donc de 67 à 73 %.
Tableau 3.2.1 Système de cote pour l’indice de rétention du bassin interne Cote alphabétique Résultats Cote A+ (9 pts) Plus de 89 % Cote A (8 pts) [ 84 % à 89 % [ Cote A- (7 pts) [ 79 % à 84 % [ Cote B+ (6 pts) [ 73 % à 79 % [ Cote B (5 pts) [ 67 % à 73 % [ Cote B- (4 pts) [ 63 % à 67 % [ Cote C+ (3 pts) [ 58 % à 63 % [ Cote C (2 pts) [ 53 % à 58 % [ Cote C- (1 pt) Moins de 53 %
Autre note méthodologique, tout comme dans la première section, les sections 4.2 (la force de rétention du bassin étudiant interne) et 4.3 (la force d’attraction exercée sur le
bassin étudiant externe), le Centre spécialisé des pêches et le Conservatoire de Val-d'Or sont inclus dans les statistiques régionales, bien qu’ils ne soient pas étudiés sur une base individuelle. Cette exclusion s’explique par leur statut d’établissement à vocation bien particulière qui ne cadre pas avec l’offre des institutions dite régulières; l’un est un centre spécialisé basé sur des programmes techniques liés à l’industrie de la pêche, l’autre est un conservatoire de musique offrant uniquement le programme préuniversitaire de Musique. Les comparatifs avec les autres institutions collégiales de ces régions sont peu intéressants étant donné leur nature bien spécifique qui touche un public cible extrêmement restreint. C’est ainsi que les résultats régionaux obtenus par sommation des institutions peuvent ne pas correspondre aux résultats globaux obtenus pour les régions administratives concernées (Abitibi-Témiscamingue et Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine). Cependant, cela demeure sans effet réel sur l'analyse régionale puisque leurs résultats sont tout de même comptabilisés à cette échelle.