4.3 C OST ASSOCIATED BEING PART OF A HAREM
4.3.2 Mating system of Svalbard reindeer
Messe du Jeudi saint: adoration en silence au Reposoir
Lors de la « Messe solennelle du soir en mémoire de la Cène du Seigneur », il est toujours préconisé que les cloches fassent silence après le Gloria jusqu’au Samedi saint, appelé désormais Vigile pascale. L’orgue fera de même297. La nouveauté réside dans les rites de la « Translation solennelle du Saint-Sacrement298 » qui vont être ajoutés dans le Missel de Jean XXIII à la suite de la réforme de la Semaine sainte :
Postea, omnes, genibus flexis, per aliquod temporis spatium in silentio Sacramentum adorant299.
Une fois le Saint-Sacrement déposé au reposoir, il est donc demandé de l’adorer pendant un certain temps en silence.
Office du Vendredi saint : les temps de silence sont inscrits dans les rubriques
L’Instruction qui accompagne la réforme de la Semaine sainte en 1955 demandait que l’on veille au recueillement de ce jour :
Les prêtres doivent, de plus, insister pour qu’en ce saint jour, les fidèles vivent dans un pieux recueillement et n’oublient pas la loi du jeûne et de l’abstinence300.
Sans apporter de changements significatifs, la procession se faisait déjà très sobrement et la prostration au début de l’office existait également, le Missel 1962 insiste à deux reprises sur le silence au début de la messe, ce que le Missel précédent ne faisait pas :
Missel 1920 : In Choro, dicta Nona, Sacerdos et Ministri induti paramentis nigri coloris, sine luminaribus et incenso, procedunt ad Altare: et ante illud prostrati aliquamdiu orant301.
Missel 1962 : Omnibus sic paratis, incipit processio per ecclesiam ad altare, sub silentio.
Clerici, ministri, seu ministrantes, et celebrans, cum ad altare pervenerint, eidem altari reverentiam faciunt; deinde, celebrans et ministri sacri, non vero ministrantes, in faciem procumbunt, reliqui vero adeunt scamna in choro, ibique manent, genibus flexis et profunde inclinati: omnesque in silentio aliquamdiu orant302.
Les rubriques sont ici plus précises et plus développées. Il est donc précisé que la procession d’entrée se fait en silence et que « tous prient en silence durant quelques instants » pendant la prostration.
297
Ordo Missae (1962), Feria V in Cena Domini, n° 7, p. 154 : « Altaris incensatione peracta, celebrans, lecta antiphona ad Introitum et Kyrie, eleison recitato, incipit solemniter Gloria in excelsis, et pulsantur campanae et
organum, quae, expleto hymno, silent usque ad Vigiliam paschalem ».
298
SACRÉE CONGRÉGATION DES RITES, Décret Maxima redemptionis nostrae mysteria, n° 10 : « Les curés ou les recteurs des églises avertiront à temps les fidèles de l’adoration publique de la Très Sainte Eucharistie qui doit commencer dès la fin de la messe in Cena Domini pour se poursuivre au moins jusqu’à minuit, c’est-à-dire lorsqu’au souvenir liturgique de l’institution de la Très Sainte Eucharistie succède la mémoire de la Passion et de la mort du Seigneur ».
299 Missale Romanum (1962), De solemni translatione ac repositione Sacramenti et de altarium denudatione, n°
5, p. 160.
300 S
ACRÉE CONGRÉGATION DES RITES, Instruction pour l’application convenable du nouvel « Ordo » de la
Semaine sainte », n° 2c.
301
Missale Romanum (1920), Feria sexta in Parasceve, p. 211.
Ce que nous avons présenté au sujet du temps de silence pendant que l’on plie le genou au moment de la collecte, nous le retrouvons au cours de chacune des dix oraisons de la grande prière des fidèles. Tandis que le Missel de 1920 indique simplement les paroles lues ou chantées par les ministres, le Missel de 1962 se fait plus précis et indique le temps de silence :
Missel 1920 : Sacerdos : Oremus. Diaconus : Flectamus genua. Subdiaconus : Levate303
Missel 1962 : Deinde celebrans dicit Oremus, diaconus Flectamus genua, et omnes, flexis
genibus, per aliquod temporis spatium in silentio orant; dicto a diacono Levate, omnes surgunt, et celebrans, extensis manibus ac in tono feriali, dicit orationem304.
Une nouvelle invitation au silence sera notifiée pendant la vénération de la croix, juste après le chant « Voici le bois de la croix qui a porté le salut du monde. R/ Venez, adorons » :
Missel 1920 : Choro autem cantante Venite, adoremus, omnes se prosternunt, excepto Celebrante305.
Missel 1962 : Cantu finito, omnes in genua se prosternunt, celebrante excepto, et parvo
momento in silentio adorant306.
Après ce chant, tous sont invités à se mettre à genoux, sauf le célébrant, et à adorer pendant un moment en silence. Le rite ne change pas : la vénération de la croix, suivie par les impropères, se fait de la même manière. Le Missel 1962 ajoute cependant qu’il est bon de prendre un temps de prière en silence.
Le Missel prévoyait une vénération de la croix par tous les fidèles ou seulement par une partie d’entre eux en cas de foule nombreuse. Un fois encore, le Missel 1962 se fait plus précis en préconisant que si tous ne peuvent vénérer individuellement la croix, ils puissent le faire ensemble par un temps d’adoration en silence :
Missel 1920 : Interim, dum fit adoratio Crucis, cantantur Improperia, et alia quae sequuntur, vel omnia vel pars eorum, prout multitudo adorantium vel paucitas requirit307.
Missel 1962 : Si parochus aut rector ecclesiae praevideat, adorationem sanctae Crucis, prout supra praescribitur, ob ingentem populi concursum, vix aut non sine boni ordinis et devotionis detrimento peragi posse, tunc caeremonia hoc modo peragitur: celebrans, postquam clerus, si adsit, et ministrantes adorationem expleverint, sanctam Crucem e manibus ministrantium sumat et, in summitate graduum altaris consistens, paucis verbis populum ad sancta; Crucis adorationem invitet eamque altius elevatam teneat, per breve tempus a fidelibus in silentio adorandam308.
Le célébrant prend la sainte Croix et, se tenant sur le plus hautes marches de l’autel, invite les fidèles à l’adorer ; il la tient élevée et la présente à leur adoration, en silence, durant un court moment.
303
Missale Romanum (1920), Feria sexta in Parasceve, p. 217 et s.
304 Missale Romanum (1962), Feria sexta in passione et morte Domini, n° 13, p. 167. 305 Missale Romanum (1920), Feria sexta in Parasceve, p. 222.
306
Missale Romanum (1962), Feria sexta in passione et morte Domini, n° 16, p. 175.
307
Missale Romanum (1920), Feria sexta in Parasceve, p. 223.
De la même manière, les rubriques de 1962 précisent que le célébrant et les fidèles restent en silence pendant que le diacre et deux acolytes amènent les ciboires depuis le reposoir jusqu’à l’autel pour la communion :
Missel 1962 : Rebus ita dispositis, reportatur Sacramentum e loco repositionis ad altare maius pro Communione peragenda. Portatur autem hoc modo : Celebrans et subdiaconus, clerus et populus manent in suis locis, sub silentio309.
Auparavant, pendant que les ministres cherchaient le Saint-Sacrement, les fidèles restaient certainement déjà en silence. Mais cela est mentionné très clairement en 1962. Nous voyons donc que les rubriques sont plus précises et que des indications à marquer des temps de silence, qui étaient pratiquement absentes, font leur apparition dans le Missel de 1962.
Vigile pascale : des rites accomplis « sans rien dire »
Le déplacement de la Vigile au soir permet de vivre le Samedi saint comme un jour de recueillement, de silence, d’attente310.
Dans les « Rubriques à observer », qui accompagnent le Décret sur le rétablissement
de la Vigile de Pâques solennelle, apparaissent des indications qui demandent d’accomplir
certains rites en silence, ou plus précisément « sans rien dire ». Ainsi en est-il pour la bénédiction du feu et la préparation du cierge pascal :
3. Le prêtre bénit le feu nouveau, disant Dominus vobiscum, et la première des trois oraisons qui se trouvent dans le Missel. Ensuite, il asperge trois fois le feu sans rien dire.
6. Après avoir tracé la croix et les autres signes, le diacre présente au prêtre les grains d’encens que le célébrant bénit s’ils n’ont pas été bénits, les aspergeant trois fois et les encensant trois fois sans rien dire311.
Le fait d’accomplir un rite « sans rien dire » met en valeur celui-ci, en invitant les fidèles à se concentrer uniquement sur le geste accompli, qui est significatif en lui-même, sans avoir besoin d’être accompagné d’une parole explicative. Nous retrouvons ces rites accomplis « nihil dicens » dans le Missel de 1962312.
309 Missale Romanum (1962), Feria sexta in passione et morte Domini, n° 23, p. 179. 310 Cf. S
ACRÉE CONGRÉGATION DES RITES, Décret Maxima redemptionis nostrae mysteria, n° 2d : « Il est nécessaire avant tout que les fidèles soient instruits avec soin de la nature liturgique du Samedi saint. C’est en effet un jour de très grand deuil où l’Église s’attarde auprès du tombeau du Seigneur, méditant sa Passion et sa mort, s’abstenant du Sacrifice de la messe, l’autel étant dénudé ; jusqu’à ce que, après la veillée solennelle ou nuit d’attente de la Résurrection, il soit donné cours aux joies pascales dont l’abondance rejaillira sur les jours suivants ».
311
SACRÉE CONGRÉGATION DES RITES, Rubriques à observer le Samedi-Saint là où l’on fait la Vigile pascale qui
vient d’être rétablie, c. 334-335.
312 Missale Romanum (1962), p. 182 : De Vigilia paschali, n° 3 : « Deinde ignem ter aspergit, nihil dicens », et n°
5 : « Incisione crucis et aliorum signorum, quae coloribus vel alio modo antea praeparari possum, peracta, diaconus, seu alius ministrantium, praebet celebranti grana incensi, quae idem celebrans, si non sunt benedicta, ter aspergit et ter adolet incenso, nihil dicens ».
Ajoutons cette occurrence du mot silence : si le baptistère se trouve dans un endroit séparé et que les célébrants s’y rendent pour la bénédiction de l’eau baptismale, ces derniers reviennent en silence :
23. La bénédiction du baptistère terminée, le clergé revient en silence à l’église et l’on commence à chanter la première partie des Litanies313.
Cette prescription est certes peu significative, et cette indication d’un retour en silence ne sera pas maintenue après le Concile. Mais elle témoigne que depuis 1962, et même depuis la réforme de la Vigile pascale en 1951, le silence fait désormais partie des rubriques du Missel. Cela va se confirmer dans le Missel promulgué par Paul VI.