• No results found

6 Inntekt blant den eldre befolkningen

6.5 Formue og gjeld

Le nombre minimum d’individus (NMI) est une unité quantitative qui va justement permettre de venir compléter le NR et en gommer certains défauts. Ducos définit le NMI comme étant égal « au nombre de pièces dont on doit admettre, en tout état de cause, qu’elles proviennent d’individus distincts » (Ducos, 1968). Dès les années 1950, White va commencer à l’utiliser, en mettant en place le NMI de fréquence (NMIf), qui est l’une des méthodes d’obtention du NMI, le NMI est alors égal à la fréquence de la partie anatomique latéralisée la mieux représentée pour chaque taxon (Poplin, 1978-1979 ; Vigne, 1988). Par exemple, si nous avons 8 fémurs droits et 5 humérus gauches de porc, alors le NMI de fréquence sera de 8, c'est-à-dire qu’au minimum 8 porcs ont pris part à cet échantillon. L’avantage de cette méthode c’est qu’elle est très simple à obtenir, et très sûre à partir du moment où la détermination a été bien menée.

Le NMIf peut cependant être amélioré en utilisant ce que l’on appelle le NMI de combinaison (NMIc) qui va prendre en compte les critères d’âges, les stades d’épiphysation des os longs, les classes d’âges des dents (Bökönyi, 1970 ; Poplin, 1978-1979 ; Vigne, 1988), cela permettra en général d’obtenir un NMI supérieur au NMIf, mais aussi plus difficile à déterminer, avec un risque d’erreur plus important, notamment lors de la détermination des âges et de l’appariements des os. Il est donc important de préciser quelle méthode est utilisée (Poplin, 1976b). Cela induit de déterminer le NMPS (nombre minimum de parties de squelette), qui est l’une des solutions qui existe pour corriger certains défauts du NR, notamment ceux liés à la fragmentation. « Il s’agit de l’estimation du nombre minimal pour une catégorie anatomique désignée » (Blaise, 2009), il va donc être généralement plus bas que le NR, puisque pouvant regrouper plusieurs restes, et il est alors censé mieux représenter le NRI (Chaix et Méniel, 2001). Il est possible de déterminer le NMI à partir des os mais aussi à partir des dents, en utilisant notamment les classes d’âge, puis en combinant les deux cela permettra d’optimiser le NMI.

57

Le NMI permet de mieux rendre compte de l’état initial que le NR, de plus il offre une perception plus concrète de l’échantillon puisque l’on ne parle plus d’os, de restes, de fragments, mais bel et bien d’individus (Chaix et Méniel, 2001), ce qui permet notamment de restituer une vision du cheptel. Il pourra donner un ordre de grandeur et permettre des comparaisons entre les différentes espèces du cheptel, les espèces chassées ou simplement consommées. Il peut également gommer des effets taphonomiques tels que la fragmentation et la conservation différentielle. Cependant le NMI peut aussi être très trompeur du fait qu’il renvoie à la notion d’individu, « il incite à voir des animaux entiers là où ce ne sont peut-être que des parties qui sont représentées » (Chaix et Méniel, 2001). En effet, il suffit d’un seul petit fragment osseux de quelques grammes pour caractériser un individu qui aura donc, par le NMI, la même valeur qu’un squelette complet. Or, notamment lorsqu’il s’agit de consommation de viande, des partages et des échanges pouvaient avoir lieu, ce qui signifie que ce n’est pas parce qu’un os ou une partie anatomique d’un individu a pu être consommée sur le site, que l’individu en entier l’a été, ni même qu’il a été élevé ou chassé par la population occupant ce site. Le NMI ne peut donc pas rendre compte de l’importance du cheptel d’un site ou de la population présente sur ce site, et ce même en connaissant les durées d’occupations du site (en effet, prenons l’exemple d’une famille achetant une pièce de bœuf chaque mois, elle pourra théoriquement créer un dépôt ayant un NMI de 12 en une seule année, alors qu’avec 300 personnes tuant et mangeant un bœuf chaque mois, le NMI sera le même), ce qui explique également qu’aucune relation linéaire ne se dégage entre le NMI et le NR (Poplin, 1976b). Le NMI aura aussi tendance à être plus élevé proportionnellement sur les petits ensembles que sur les grands, comme l’explique Poplin (Poplin, 1976b). C’est un point très important, car cela pourra le faire varier très fortement en fonction de la méthode d’étude et du fractionnement du site (par structure, par US, sur la globalité du site), plus nous fractionnons le site, plus le NMI aura tendance à être élevé. Par exemple, 5 structures contenant chacune un os de porc donneront un NMI de 1 chacune, donc par addition le NMI du site sera de 5, alors que l’os pris en compte pour obtenir ce NMI a pu être différent dans chacune des structures, ce qui signifie que si le NMI avait été directement calculé pour tout le site il aurait théoriquement pu être bien plus faible (entre 1 et 5). Et c’est un problème qui se pose alors pour le site de Charmé puisqu’il est composé de plusieurs structures, dont la contemporanéité n’est pas vérifiable, et que nous avons alors dissociées pour l’étude, entrainant donc peut-être un NMI total du site surévalué. Chaix et Méniel soulignent d’ailleurs

58

ce problème en rappelant que « la solution qui consiste à additionner des NMI n’est valide que s’ils ont été établis à partir du même os » (Chaix et Méniel, 2001). Contrairement au NR, le NMI peut donc difficilement être additionné, ce qui peut notamment poser des problèmes lors de l’étude sur un site en cours de fouille, puisqu’à chaque campagne de fouille, l’intégralité de la collection devra être reprise pour établir de nouveau le NMI.