KAPITTEL 1: INNLEDNING
1.3. B ESKRIVELSE AV PROGRAMMET (F ASE 2): D ESIGN OG DETALJERE NY MODELL
À partir de ces formes à haute fréquence, il est possible de dresser un premier portrait du discours de Paul Biya. Ainsi, dans un premier temps et en partant de ces premiers constats, seront mises au jour quelques-unes des stratégies discursives de Paul Biya, puis dans un second temps ce sont les principaux axes thématiques du discours présidentiel qui seront analysés.
2.1. – Effacement énonciatif et injonction : un discours
volontariste
Nous nous attacherons dans le chapitre 6 à l’examen des traces énonciatives et particulièrement des pronoms personnels dans la perspective de Benveniste. Nous utilisons cependant dès maintenant la caractérisation d’effacement énonciatif même si nous ne cherchons pas à la théoriser. Le principal initiateur de la notion qui a été reprise par d’autres linguistes et stylisticiens est Robert Vion
(2001). En contrepoint et en prolongement en même temps à ce que Benveniste (1970, 1974) décrit comme l’appareil formel de l’énonciation avec l’ensemble des repères déictiques notamment, l’effacement énonciatif apparaît comme une stratégie de masquage, d’évitement de la présence manifestée du locuteur. Il ne peut pas ne pas y avoir d’énonciation mais celle-ci peut ne pas être montrée. Cette stratégie s’apparente à la délocutivité mais ne s’y réduit pas car elle concerne différents aspects de l’engagement, de la prise en charge ou non par le locuteur de ses propos aussi bien que toute une variété de supports verbaux comme l’explique Rabatel (2004)102.
On peut parler d’une véritable stratégie discursive qui peut être mise au service de différentes visées argumentatives. En effet l’effacement du locuteur ne signifie pas qu’il n’intervient pas dans l’orientation des énoncés. Nous allons précisément le voir ici où il se combine avec l’injonction.
S’il n’est guère étonnant de trouver les verbes être et avoir à la troisième personne du singulier en tête de la liste des verbes les plus fréquents, il semble déjà plus intéressant de remarquer que le paradigme du verbe avoir est présent à travers quatre formes conjuguées dont la hiérarchie est significative. Nous émettons l’hypothèse que la présence en bonne place de la troisième personne du singulier (a, 1455 occurrences, 30ème rang) indique ainsi la tendance à la délocutivité du discours de Paul Biya103, renforcée par la troisième personne du pluriel (ont, 1128 occurrences, 38ème rang) ; d’autre part, en ce qui concerne
102 Rabatel (2004) prend soin de préciser qu’on ne saurait parler d’appareil formel de la non-
énonciation, car il y a toujours acte d’énonciation, mais seulement d’effacement énonciatif et cite Vion. Selon Vion (2001 : 334), le locuteur donne l’impression « qu’il se retire de l’énonciation, qu’il "objectivise" son discours non seulement en "gommant" les marques les plus manifestes de sa présence (les embrayeurs) mais également le marquage de toute source énonciative identifiable » comme dans le cas de l’énonciation historique (déjà signalée et étudiée par Benveniste) et théorique. Rabatel explique également que l’effacement énonciatif n’est pas descriptible en termes binaires (oui ou non) mais qu’il affecte de façon graduelle à la fois les marques déictiques et les subjectivèmes. Enfin, c’est « un ensemble de marques affectant la référence nominale et verbale » qui peut permettre selon Rabatel l’effacement énonciatif et en fait donc un phénomène multi- forme. Sur l’effacement énonciatif, on pourra aussi consulter plusieurs des contributions réunies dans (Chauvin-Vileno et Rabatel [Éds], 2006)
l’élocutif, l’énonciation collective – nous (avons, 586 occurrences, 67ème
rang) – est privilégiée par rapport au je (ai, 412 occurrences, 98ème rang)104.
De la même façon, mais avec une hiérarchie encore plus accentuée, le paradigme du verbe être ne compte pas, parmi les très hautes fréquences, de déclinaisons aux premières personnes (suis, 322 occurrences, 125ème rang ; sommes, 260 occurrences, 162ème rang). Absences (relatives) pleines de sens – un discours politique qui n’affirme pas fortement un « nous sommes » ou un « je suis » se trouve altéré, d’une de ses caractéristiques fondamentales – qui mettent en relief les deux déclinaisons à la non-personne : est (3191 occurrences, 17ème rang) et sont (989 occurrences, 45ème rang).
Afin de visualiser cette prédominance de la non-personne sur la première personne, il suffit de projeter les deux groupes de formes (GF) préalablement constitués (est, a, sont, ont d’une part et suis, ai, sommes, avons de l’autre) sur une carte des sections105 (figure 11). On constate alors que presque toutes les phrases du corpus possèdent au moins une occurrence des quatre formes auxiliaires de la non-personne (sections en gris clair) quand la première personne, singulière ou plurielle, n’apparaît qu’accessoirement (sections en vert foncé).
104 Les pronoms personnels sujets, nous (3587 occurrences, 13ème rang) et je (2393 occurrences,
23ème rang), se classent aussi dans cet ordre dans l’index hiérarchique mais, cela a été dit, ils seront analysés au chapitre 6.
105 La carte des sections est découpée en « phrase » (selon la définition lexicométrique de la
phrase, c’est-à-dire une suite d’occurrences comprise entre deux caractères délimiteurs de phrase – le point, le point d’interrogation ou d’exclamation principalement). Chaque case de la carte représente donc une phrase du corpus. Il s’agit bien entendu d’un extrait correspondant au début du corpus.
Figure 11 : Être et avoir à l’élocutif et au délocutif (carte des sections, extraits)
Or ces deux plans d’énonciation, leur hiérarchie et le passage de l’un à l’autre n’est pas anodin. Paul Biya procède à un gommage des aspérités énonciatives que représente l’irruption de la subjectivité énonciative, afin de délivrer un discours aussi neutre que possible, technocratique plus que populiste106.
106 On sait que l’un des aspects du populisme et du populisme discursif est la forte présence du
« L’engagement, d’ordre constitutionnel, est la réaffirmation du serment que je viens de prêter. » [1] (06 novembre 1982)107
« Mais il est évident que si je me suis engagé devant la nation et pour la nation, et si j’entends tenir cet engagement c’est avec toutes les camerounaises, tous les camerounais, et tout le Cameroun que je me suis engagé. » [23] (24 février 1983)
« C’est dire que ces vertus sont essentielles à la construction de cette société progressive et équilibrée, favorable à l’épanouissement de tous dans l’égalité, la liberté et la justice […]. » [53] (10 février 1984)
Parmi les verbes fondamentaux du discours de Paul Biya se trouvent les verbes faire, devoir, dire et falloir, à l’infinitif (dire, faire) ou sous leur forme déclinée délocutive (fait, doit, faut). L’importance du verbe dans la construction des discours, notamment son rôle primordial dans la construction de la « référence globale » (Arrivé, Gadet et Galmiche, 1986 : 684) d’un énoncé ; en tant que verbe, « spécialisé dans l’indication des relations entre les éléments de la réalité – à commencer par les personnes en jeu dans l’acte d’énonciation » (ibid. : 685), doit indiquer ici la prégnance de l’injonction – et dans une moindre mesure, de l’interdiction, à travers la forme négative – dans le discours présidentiel, injonction s’adressant au tiers : L’Afrique doit… Le Cameroun doit… Ainsi, parmi les 430 occurrences de la forme doit, on trouve :
Encadré 2 : Principaux segments répétés de doit (extrait)
Elle doit 31 Il doit 27 Afrique doit 14 On doit 11 Chacun doit 9 Cameroun doit 9 Le Cameroun doit 7 Le RDPC doit 6 Camerounais doit 6 parti doit 8
Notre parti doit 5
démocratie doit 6
Camerounaise doit 7
Chaque camerounais doit 5
107 Nous soulignons. Dans l’ensemble de la thèse, les passages mis en relief (gras, soulignage,
Nous précisons aussi que la présence de formulations négatives récurrentes et des enchaînements verbaux :
ne doit 55
ne doit pas 23
ne doit pas être 14
doit être 82 doit demeurer 10 doit rester 10 doit devenir 7 doit faire 7 doit se sentir 5 doit rester 14
La relation référentielle des pronoms sujets anaphoriques (il doit…) ne peut être comprise qu’en contexte. Le retour au texte fait apparaître une multitude de référents – la rigueur, l’école de cadre du parti, la construction nationale, la défense nationale, la ville de Douala, le service public, le parti, la jeunesse… – tel que l’on peut le constater dans les extraits suivants :
« D’autres faits importants ont marqué l’activité politique camerounaise en 1986 : la Conférence Nationale de la Jeunesse a montré que la jeunesse camerounaise a pris conscience de son rôle capital dans la vie politique de la nation : elle est l’avenir du Cameroun, elle doit préparer dès aujourd’hui le Cameroun de l’avenir. » [98] (31 décembre 1986)
« Pour être plus efficace et plus adaptée à nos moyens, notre défense doit être populaire, c’est-à-dire, qu’elle doit mobiliser et engager toutes les forces vives de la nation. » [110] (18 septembre 1987) « L’organisation de la défense nationale doit être permanente, c’est-à-dire en mesure d’assurer la sécurité du pays et de sauver les acquis de la construction nationale en tout temps et en toutes circonstances contre toute agression. Elle doit, comme je l’ai déjà dit, viser la préparation, la mobilisation et la mise en état de défense de la Nation en cas de conflit. » [41] (30 juillet 1983)
« Le plan de Lagos ; - englobe toutes les questions relatives au développement du continent, - et préconise des mesures régionales et
sous-régionales. Il doit constituer, avec le programme prioritaire pour le redressement de l’Afrique, le guide de toutes nos actions de développement. » [115] (8 décembre 1987)
Bien entendu, un certain nombre de segments il/elle doit entretiennent une relation anaphorique avec l’un des groupes nominaux sujets apparaissant dans la liste des segments répétés ci-dessus :
« Cette crise a atteint le Cameroun qui sait qu’il doit d’abord compter sur lui-même. » [114] (16 novembre 1987)
En ce qui concerne ces segments répétés, il apparaît que l’injonction s’adresse d’abord à la communauté nationale, ensuite au Parti et enfin au continent africain. Les exemples suivants attestent cette hiérarchisation qui est à l’œuvre dans la prescription par le président d’un devoir à assumer par différentes catégories sociales au Cameroun :
« Le Cameroun doit rester un pays crédible. » [185] (12 septembre 1992)
« Le Cameroun doit sortir de cette situation d’attente pour consacrer tous ses efforts à la lutte contre la crise économique. » [184] (25 août 1992)
« De ce fait, le Cameroun doit devenir une nation, d’hommes travailleurs et gagneurs. » [99] (08 janvier 1987)
« L’armée camerounaise doit faire front, sur tous les fronts ! » [196] (03 septembre 1993)
« L’armée camerounaise doit rester forte, disciplinée et loyale. » [231] (12 décembre 1996)
« Chacun doit accepter la différence et la contradiction. » [168] (28 août 1991)
« Chacun doit être jugé en fonction de ses qualités : efficacité, responsabilité, qualité du travail. » [125] (13 mai 1988)
« Chacun doit donner son opinion. » [168] (28 août 1991)
« L’Afrique doit être un continent de partenaires à part entière, de partenaires dignes de respect, de partenaires qui comptent. » [227] (8 juillet 1996)
« L’Afrique doit faire bloc pour défendre ses intérêts sur la scène internationale. » [145] (14 août 1989)
« À l’aube du troisième millénaire qui verra, à coup sûr, des mutations et des progrès sans précédent changer la physionomie du monde, le Cameroun doit accélérer sa marche vers la modernité. » [211] (10 février 1995)
« Pour y parvenir, c’est sur vous, jeunes d’aujourd’hui, que compte la nation. Méritez donc toujours notre confiance.
Soyez les vrais bâtisseurs du Cameroun de demain. » [211] (10 février 1995)
Mais tout porte à penser que la prescription d’un devoir par Paul Biya est consensuelle, malgré le volontarisme dont il fait preuve par moment, la modalité déontique se transforme en incantation, tant par la faiblesse des propositions que par l’effacement énonciatif.
« L’Afrique doit s’affirmer sur les voies de l’avenir. » [199] (27 octobre 1993)
« Au-delà de nos intérêts particuliers, au-delà de nos appartenances ethniques, au-delà de nos sensibilités politiques, le Cameroun doit vivre et prospérer dans la paix. » [173] (12 septembre 1991)
Afin d’explorer plus précisément l’usage de doit dans notre corpus, il est indispensable pour nous de calculer tout d’abord les poly-cooccurrences. On peut définir de façon simple les poly-cooccurrences comme des "chaînes de co- occurrents"108. Considérons une forme-pôle A dans un corpus T. Si l’on cherche à calculer les co-occurrents de A dans le corpus T, on considérera deux ensembles de phrases : les phrases contenant la forme A et les phrases ne contenant par la forme A, puis on appliquera alors le calcul des spécificités à l’ensemble constitué des phrases contenant la forme A (comparé statistiquement à l’ensemble constitué des phrases ne contenant pas A). Il en résulte une liste de "co-occurrents spécifiques". Imaginons que la forme B fait partie de cette liste, se trouvant être
108
L’explication de la procédure, telle que nous la présentons dans les lignes qui suivent, est, bien entendu, caricaturale. Il s’agit d’expliciter le principe de celle-ci de la façon la plus simple possible. Pour plus de précision sur la méthode, cf. Martinez (2003).
un co-occurrent spécifique de A. On pourra alors pousser la procédure plus loin en ne considérant plus cette fois-ci les phrases du corpus T où la forme A est présente, mais seulement les phrases où A et B sont co-présents et co-occurrents spécifiques. À partir de là, on procède de nouveau au calcul pour obtenir une liste de co-occurrents de "troisième niveau" (puis de quatrième, cinquième niveau etc.) ou poly-cooccurrents. Bien entendu, la procédure est poussée jusqu’à l’épuisement des poly-cooccurrents, en fonction du corpus et des paramètres.
À partir de cette présentation sommaire, appliquons cette méthode à la forme doit dans le corpus. Le seuil de sélection choisi est volontairement élevé109 afin de ne retenir que les principaux co-occurrents et le graphique résume globalement l’information qui avait été extraite à l’aide des seuls relevés des segments répétés (les liens étroits entre doit et elle, être, etc.). Néanmoins, à la différence des segments répétés, le calcul des poly-cooccurrences relève les associations statistiquement privilégiées (par probabilisation).
Figure 12 : Poly-cooccurrences de doit110
109 En fonction de ce corpus bien entendu. 110
On retrouve sur ce graphe la relation particulière de doit avec la négation (ne pas) et avec les verbes dénotant une immobilité (rester, demeurer). La relation de la forme-pôle avec parti mérite d’être soulignée (environ 10 % des occurrences de la forme doit se trouvent dans les mêmes phrases que parti).
« Cadre et instrument de l’unité nationale et de la consolidation de l’état, le parti doit par conséquent être l’objet de la sollicitude de tous les instants. » [34] (27 mai 1983)
« Ce qu’il s’agit maintenant de faire, c’est d’envisager le rôle que notre parti doit jouer dans l’avenir pour rester à la hauteur de nos espérances. » [45] (14 septembre 1983)
« Notre parti doit alors pouvoir convaincre tous les camerounais de bonne foi, quels qu’ils soient, où qu’ils se trouvent, quoi qu’ils pensent, qu’il n’est plus nécessaire, pour exprimer ses opinions, de prendre le maquis, de vivre en exil ou de quitter sa famille. » [67] (22 mars 1985)
« Le parti doit être le moteur de notre développement ! » [157] (28 juin 1990)
« Grand parti, parti leader, le RDPC ne doit jamais se trouver à la remorque des événements qui affectent le Cameroun ; bien au contraire, il doit toujours prendre l’initiative, il doit être le moteur de l’évolution de notre pays. » [220] (8 octobre 1995)
« Le RDPC, parti de gouvernement, proche du pouvoir, ne doit en aucun cas se complaire dans la passivité et s’endormir sur ses lauriers. » [282] (8 juillet 2001)
La relation de cooccurrences entre doit et parti nous amène à constater l’existence d’un contraste dans l’utilisation de cette forme verbale En effet, elle est plus utilisée dans les discours prononcés devant le Parti.
-6 -4 -2 0 2 4 6 8 dipl o_ex t dipl o_int gouv erne ment jeune sse
nation parti publ
ic Spé ci fi ci té s doit
Figure 13 : doit dans le corpus (spécificités, partition types)
Il n’est guère possible, dans les limites de ce travail, d’aller plus loin dans l’étude de cette forme verbale. Cependant, pour terminer, nous pouvons encore de façon plus claire et précise – en modifiant les paramètres – le réseau poly- cooccurrentiel de cette forme-pôle :
Figure 14 : Poly-cooccurrences de doit111
Ainsi, malgré l’effacement énonciatif dû à l’usage de la troisième personne, le locuteur énonce son point de vue à travers la modalité déontique. Notons que le on doit, dans lequel le locuteur pourrait être inclus, n’apparaît que dans 11 occurrences et notre parti doit dans 5 occurrences. Ce discours prescriptif se veut aussi volontariste à travers l’usage récurrent du faire, qui par son usage infinitif, marque le potentiel de l’action exprimée par les constructions verbales dans lequel il est attesté. En effet, l’observation de la configuration de l’index hiérarchique nous a permis de constater que le verbe le plus utilisé dans le corpus, hormis les auxiliaires être et avoir – est le verbe faire, d’abord à l’infinitif puis dans sa déclinaison à la troisième personne du singulier du présent ou au participe passé. Verbe central du discours présidentiel –au côté de devoir –, faire est le verbe d’action par excellence, suffisamment générique pour avoir dans le discours politique une fonction essentielle en permettant au dire de refléter l’action présidentielle. Cependant, comment ne pas noter la priorité donnée au faire sur le fait, priorité qui semble montrer que le discours de Biya est un discours de l’accomplir plutôt que de l’accompli, plus proche du volontarisme politique et du discours programmatique que des discours-bilan gouvernementaux.
2.2. – Fonction phatique : un discours de proximité
Parmi les substantifs, la forte présence de mots tels que monsieur, messieurs, compatriotes, et pour certaines de leurs occurrences, camerounais/camerounaises, laisse entrevoir l’importance de la fonction phatique dans la communication présidentielle. Ces désignants peuvent être considérés comme des semi-embrayeurs, car ils ont pour fonction d’établir la relation discursive entre le locuteur et ses interlocuteurs. Leur présence en tête de liste, plutôt que des formes à contenu plus politique, laisse entrevoir un message dont le dire prévaut sur le dit112. Le début du discours suivant (encadré 3), prononcé à Bertoua le 25 mars 1988, illustre parfaitement ce constat et atteste des aptitudes oratoires de Paul Biya en matière de communication politique :
Encadré 3 : Fonction phatique et discours de proximité
Mesdames, messieurs, Chers camarades, Chers compatriotes,
Je suis, vous vous en doutez, très heureux de me retrouver aujourd’hui à Bertoua, chef- lieu de la grande et magnifique province du soleil levant.
Monsieur le maire de la commune urbaine de Bertoua,
Monsieur le président de la section départementale du RDPC du Lom-et-Djerem,
Je suis très sensible aux paroles aimables de bienvenue que vous avez exprimées à mon endroit. J’ajoute que le candidat à la présidence que je suis se joint au président de la république actuel pour vous dire, de tout cœur, merci. Merci pour vos paroles. Merci pour votre soutien.
Mesdames et messieurs, Chers camarades, Chers compatriotes,
Je suis très touché par votre présence massive et par la chaleur de votre accueil. Bravant les distances et j’ajouterai les intempéries, vous êtes venus très nombreux de tous les départements, du Lom-et-Djerem, du Haut-Nyong, de la Kadey, de la Boumba-Ngoko, pour me souhaiter la bienvenue.
Vous me témoignez ainsi, aujourd’hui comme hier, votre attachement profond et votre soutien inébranlable.
À vous tous donc, je dis de tout cœur merci, merci pour votre accueil spontané et chaleureux.
Chers compatriotes, Chers camarades,
Après mes récentes visites dans d’autres provinces du pays, j’ai décidé de revenir à l’Est. Votre province est dotée de nombreuses richesses potentielles. Son étendue, sa diversité, la volonté affirmée de ses populations de participer à l’effort de construction d’un Cameroun nouveau, constituent des atouts précieux.
Je connais votre attachement aux institutions de la république, à la paix, à la stabilité, à l’unité nationale.
Je connais votre ferme adhésion aux options de libéralisation, de démocratisation, de rigueur, de progrès et de justice sociale qui sont à la base de la politique du renouveau national.
Pour votre loyalisme et votre militantisme constants, je vous exprime ma totale satisfaction et vous exhorte à persévérer dans cette voie positive.
Mesdames et messieurs,
Chers camarades, chers compatriotes,
Depuis l’ère du renouveau, le gouvernement s’emploie à corriger les inégalités dues à la