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Discussion of Results

In document — Jesper Dahl (sider 36-59)

Les analyses quantitatives portent sur un total de 90 participants. Pour l’ensemble des tests statistiques, le seuil de significativité retenu est de 5%, valeur qui est habituellement utilisée en sciences humaines et sociales (Field, 2005). Vu le nombre limité de données manquantes sur l’IDI (30 sur 4500), des procédures de remplacement (ou imputation) ont été utilisées pour

substituer les valeurs manquantes32, en particulier la technique d’imputation par la moyenne totale33.

Dans un premier temps, des analyses statistiques uni- et bivariées (distribution de fréquences, tendances centrales, tableaux croisés, comparaison des moyennes) ont été réalisées pour décrire la population et explorer les données.

Puis, des analyses multivariées ont été effectuées. Tout d’abord, une analyse en composantes principales (ACP) de l’IDI a été réalisée pour explorer la structure de l’instrument auprès de la population de cette recherche. Ensuite, des analyses de régression linéaire multiple ont été effectuées pour déterminer les variables explicatives et estimer leur impact sur la sensibilité interculturelle et sur les diverses orientations fondamentales des éducateurs sociaux.

Enfin, des analyses ont été réalisées au moyen du logiciel IDIXP 2-3 (Hammer, 2002) pour établir les profils interculturels individuels.

La suite du chapitre est consacrée à la présentation de quelques indications supplémentaires concernant les choix et critères qui ont guidé la procédure d’analyse par rapport à la création des profils graphiques de sensibilité interculturelle, à l’analyse en composantes principales ainsi qu’à l’analyse de régression linéaire multiple.

3.1.1 L’analyse en composantes principales (APC)

Tout d’abord, les qualités psychométriques de l’IDI dans son ensemble et des échelles DD, R, M, AA et ME ont été testées par des corrélations entre les cinq échelles, des corrélations entre les cinq échelles et l’IDI et finalement, en focalisant sur la consistance interne de l’IDI et des cinq échelles.

Ensuite, une analyse exploratoire en composantes principales (APC) avec rotation orthogonale VARIMAX a été réalisée34. Le but de cette analyse était de vérifier que les items qui servent à

32 Pour traiter les données manquantes, je n’ai pas utilisé les procédures de suppression parce que cette méthode sacrifie un grand nombre de données. Dans cette recherche, l’utilisation de la méthode de suppression aurait provoqué une baisse de l’échantillon de 90 à 77 sujets, à savoir une perte de 14.4% qui aurait réduit fortement la puissance et l’exactitude statistiques des analyses multivariées.

33 Il s’agit du remplacement par la moyenne des valeurs disponibles de la variable de toutes les valeurs manquantes pour la même variable (de 1 à 4 sur 90). Contrairement aux suggestions des auteurs de l’IDI (Hammer, 2002), j’ai décidé de ne pas utiliser la technique d’imputation par la valeur moyenne de l’échelle (3) ni par le mode, la distribution de certaines variables impliquées étant fortement asymétrique. L’imputation par la moyenne a été calculée pour 13 sujets qui avait 1 (n = 5), 2 (n = 3), 3 (n = 1) ou 4 (n = 4) valeurs manquantes.

mesurer chaque construit sont fortement corrélés avec un seul et même facteur. Comme conseillé par Durand (2003) et Field (2005), les choix et les critères retenus dans cette recherche lors de l’extraction des facteurs ont été les suivants :

En ce qui concerne les analyses préliminaires :

§ Dans la matrice de corrélation, les items devaient être corrélés entre eux.

§ La mesure de l’adéquation de l’échantillonnage (KMO, Kaiser-Meyer-Olkin), un indice d’adéquation de la solution factorielle, devait être > 0.535.

§ Le test de sphéricité de Bartlett, sous l’hypothèse d’une distribution normale des variables, devait être significatif (la probabilité d’obtenir la valeur du test doit être p < 0.05).

En ce qui concerne l’analyse principale :

§ Le critère de Kaiser devait être respecté : les composantes principales devaient avoir une valeur propre (eigenvalue) égale ou supérieure à 136.

§ Le test des éboulis de Cattell (scree plot)37 devait être respecté : seuls les facteurs qui se situaient jusqu’au changement abrupt de la pente ont été retenus.

§ La qualité de représentation des facteurs, à savoir la contribution totale des facteurs à la variance de la variable, devait être ≥ 0.5.

§ Le nombre de facteurs extraits ne devait pas dépasser d’un tiers le nombre des items dans l’analyse.

34 L’analyse en composantes principales a été réalisée malgré le fait que l’échantillon ne dépasse pas le minimum de 100 participants au total, ni celui de 10 personnes par variables tel que recommandé par Field (2005).

35 Le KMO représente le rapport entre, d'une part, les corrélations entre les variables et, d'autre part, les corrélations partielles, celles-ci reflétant l'unicité de l'apport de chaque variable. Une valeur de KMO élevée indique qu'il existe une solution factorielle statistiquement acceptable qui représente les relations entre les variables. Pour rappel, une valeur de KMO de moins de 0.5 est inacceptable, de 0.5 et plus est médiocre, de 0.6 et plus est moyenne, de 0.7 et plus est bien, de 0.8 et plus est très bien et une valeur de plus de 0.9 est excellente.

36 Plus la valeur propre est élevée, plus le facteur explique une portion significative de la variance totale.

37 Le test des éboulis de Cattell, qui donne une représentation graphique des informations sur les valeurs propres de chaque facteur, permet de trouver le point de cassure qui représente le nombre de facteurs au-delà duquel l’information ajoutée est peu pertinente.

Finalement, tous les items dont la valeur de saturation était ≥ 0.5 ont été attribués à une composante principale. L’appartenance d’un item à une composante a été déterminée en fonction de sa plus forte valeur de saturation sur une composante.

3.1.2 L’analyse de régression

Sur la base des moyennes obtenues sur l’IDI et sur les cinq échelles, des analyses de régression linéaire multiple ont été réalisées dans le but d’explorer et identifier les variables explicatives significatives de la variance de la sensibilité interculturelle des éducateurs sociaux.

Pour les régressions linéaires multiples, j’ai utilisé la méthode pas-à-pas descendante (backward)38, en raison de l’absence de recherches antérieures relatives à certains prédicteurs spécifiques étudiés dans cette recherche, de sa capacité à restreindre le modèle de régression aux seuls facteurs (VI) amenant une contribution significative à la compréhension de la sensibilité interculturelle (VD) ainsi que de la réduction du risque d’observer une relation qui n’existe pas (erreur de première espèce) (Bressoux, 2008 ; Field, 2005). Les analyses comportant un nombre élevé de prédicteurs possibles, j’ai réalisé des analyses préliminaires sur l’IDI dans son ensemble et sur chaque échelle (DD, R, M, AA, ME) avec la méthode d’entrée simultanée (enter) afin de retenir les prédicteurs les plus importants lors des analyses avec méthode pas-à-pas descendante. Cette étape a permis de proposer des modèles fiables compte tenu du nombre de participants relativement faible (n = 90) concernés par ces analyses. Finalement, un indice de diversité culturelle regroupant plusieurs informations concernant le background culturel du répondant (i.e. nationalité du répondant et pays de naissance du répondant et des parents)39 a été construit afin de réduire ultérieurement le nombre élevé de possibles prédicteurs.

Les modèles ont été construits sur la base d’une série de variables explicatives, dont celles largement discutées dans la littérature sur la sensibilité interculturelle (Chapitre 3, point 4.3). Ces variables ont été regroupées en 3 sous-groupes :

38 Dans la méthode pas-à-pas descendante (backward), le modèle initial comprend toutes les variables. La variable ayant la plus faible contribution non significative au modèle est alors éliminée. La procédure va être répétée jusqu’à ce que le modèle ne comporte que des prédicteurs significatifs (Howell, 1998).

39 L’indice de diversité culturelle a été construit à partir des données démographiques du répondant et de ses parents. Attribution des points : 1 = répondant de nationalité suisse, 2 = répondant de nationalité étrangère, 3 = répondant avec la double nationalité ; 1 = répondant né en Suisse, 2 = répondant né à l’étranger ; 1 = mère du répondant née en Suisse, 2 = mère du répondant née à l’étranger ; 1= père du répondant né en Suisse, 2 = père du répondant né à l’étranger.

§ Variables personnelles du répondant : âge, sexe, nationalité du répondant, pays de naissance du répondant, pays de naissance de la mère et du père, indice de diversité culturelle.

§ Variables en lien avec l’activité professionnelle du répondant40 : expérience professionnelle dans l’activité exercée au moment de l’enquête.

§ Variables en lien avec l’expérience interculturelle du répondant : avoir vécu ou non dans une autre région linguistique de Suisse ou dans un autre pays pour une période d’au moins trois mois.

Au total, dans les modèles réalisés sur l’IDI dans son ensemble et sur chaque échelle (DD, R, M, AA et ME), cinq variables explicatives ont été intégrées dont celles mises en cause dans l’énoncé des hypothèses de recherche. Ainsi, le critère de 15 répondants par prédicteur a été respecté (Field, 2005).

3.1.3 La réalisation des profils de sensibilité interculturelle

Les données issues de l’IDI ont également été analysées au moyen du logiciel IDIXP 2-3 (Hammer, 2002)41. Les résultats sont présentés sous forme de profils interculturels individuels42 qui renseignent sur la sensibilité développementale et la sensibilité perçue des participants. Plus précisément, la sensibilité développementale (SD) renvoie aux perceptions et réactions les plus probables que l’individu va adopter face à la différence culturelle (degré actuel de sensibilité interculturelle), alors que la sensibilité perçue (SP) reflète la perception que

40 La variable « profession exercée au moment de l’enquête » a été exclue des analyses multivariées, eu égard au fait que la catégorie autre profession, en opposition à éducateur social, est composée de diverses professions. En ce sens, il aurait été impossible de tirer une conclusion significative en raison de l'hétérogénéité de ce sous-groupe. La variable « milieu de pratique » a été également exclue des analyses multivariées en raison de la confusion dans les modalités de réponse entre les champs d’intervention (e.g. handicap, délinquance, dépendances) et les milieux de l’exercice professionnel (e.g. foyers, action éducative en milieu ouvert, services ambulatoires) qui n’a pas permis de construire des catégories claires et pertinentes. L’influence du milieu de pratique du professionnel sur sa sensibilité interculturelle n’a ainsi pas été analysée.

41 Le logiciel d’analyse IDIXP 2-3 n’acceptant pas les valeurs manquantes, celles-ci ont été substituées par la valeur 3 (autant en accord qu’en désaccord) comme suggéré dans les instructions rédigées par Hammer (2007). Pour éviter de compromettre les résultats des analyses en composantes principales et des analyses de régression linéaire multiple, j’ai renoncé à substituer les données manquantes dans SPSS.

42 Il est également possible de créer un profil interculturel collectif pour l’ensemble des participants à l’enquête par questionnaire (N = 90). Toutefois, compte tenu du choix de créer les profils interculturels pour sélectionner des individus aux profils variés pour l’enquête par entretien, le profil collectif des éducateurs sociaux n’a pas été présenté et analysé dans ce travail.

l’individu a de ses propres sensibilité et compétence interculturelles (position telle qu’on la perçoit). Les scores SD et SP sont calculés par le logiciel IDIXP 2-3 en utilisant deux formules43, à partir des scores des échelles DD, R, M et AA. L’échelle ME étant considérée comme une mesure partielle du stade intégration dans le DMIS, son score n’est pas pris en compte dans le calcul des scores SD et SP (Hammer & Bennett, 2002). Le score SD est calculé en utilisant une formule pondérée dans laquelle les scores des échelles DD, R et M sont pondérés et calculés en les comparant avec le score de l’échelle AA, alors que le score SP est calculé en utilisant une formule non pondérée basée sur les scores des échelles DD, R, M et AA. Les scores SD et SP sont exprimés en termes de scores standardisés (ou scores Z), basés sur un échantillon normatif, avec une moyenne de 100 et un écart-type de 15.

Le Tableau 10 illustre le continuum de la distribution normale de la sensibilité interculturelle.

Tableau 10 : Sensibilité interculturelle : distribution normale du DMIS (tiré de Hammer & Bennett, 2002) Echelle IDI Déni/Défense Minimisation Acceptation/Adaptation

Distribution 2.5% 13.5% 34% 34% 13.5% 2.5%

Scores 55-69.99 70-84.99 85-99.9 100-114.99 115-129.99 130-145 Ethnocentrisme Ethnorelativisme Sensibilité

interculturelle

Déni Polarisation Minimisation Acceptation Adaptation

Selon les protocoles établis pour l’IDI, les scores SD et SP, qui sont obtenus en sommant les réponses à chaque item (de 55 à 145 points), doivent être interprétés de la manière suivante. Un score de 100 représente la moyenne qui correspond au point médian de la minimisation selon le DMIS. Un score de 85 représente l’extrémité inférieure de minimisation et un score de 114.99 l’extrémité supérieure. Collectivement, 68% des personnes sont susceptibles d’avoir un profil interculturel dans minimisation (34% + 34%). Pour le pôle ethnocentrique, un score de 55 représente l’extrémité inférieure de déni et un score de 69.99 l’extrémité supérieure, alors qu’un score de 70 représente l’extrémité inférieure de défense et un score de 84.99 l’extrémité supérieure. Collectivement, 16% de la population est susceptible d’avoir un profil interculturel dans déni (2.5%) ou défense (13.5%). Pour le pôle ethnorelativiste, un score de 115 représente l’extrémité inférieure d’acceptation et un score de 129.99 l’extrémité supérieure, alors qu’un

43 L’IDI étant un instrument commercial, les auteurs ont refusé de dévoiler les formules utilisées pour calculer les scores SD et SP de sensibilité interculturelle.

score de 130 représente l’extrémité inférieure d’adaptation et un score de 145 l’extrémité supérieure. Collectivement, 16% de la population est susceptible d’avoir un profil interculturel dans acceptation (13.5%) ou adaptation (2.5%). En lien avec le développement de la sensibilité interculturelle, un score inférieur à 70 indique déni, un score entre 70-84.99 indique polarisation, un score entre 85-114.99 indique minimisation, un score entre 115-129.99 indique acceptation et un score supérieur à 130 indique adaptation. Ainsi, des scores faibles impliquent des visions du monde ethnocentriques (déni, polarisation), alors que des scores élevés renvoient à des perceptions et attitudes ethnorelativistes (acceptation, adaptation).

Il est également possible de mesurer la différence entre la sensibilité perçue (SP) et la sensibilité développementale (SD) : plus l’écart est faible, plus l’individu a une vision réaliste de son degré de sensibilité interculturelle (Hammer, 2007).

Finalement, les profils interculturels individuels identifient les éléments spécifiques mesurés par les échelles DD, R, M, AA et ME et leurs sous-échelles, éléments qui constituent un atout ou, au contraire, un obstacle au développement de la sensibilité interculturelle de l’individu. Selon les protocoles établis pour l’IDI, les scores DD, R, M, AA et ME sont exprimés en termes de scores standardisés avec une moyenne de 3 et un écart type de 0.66 (Hammer & Bennett, 2002 ; Hammer, 2007). Un score inférieur à 3.66 indique une « non résolution » des éléments mesurés par l’échelle en question (et/ou ses sous-échelles), alors qu’un score supérieur ou égal à 3.66 révèle une résolution positive. Ainsi, le profil de l’échelle DD dans la zone « non résolue » dénote que l’individu nie l’existence des différences culturelles et se sent mal à l’aise au contact de personnes se référant à d’autres cultures et/ou qu’il adopte une attitude de supériorité face à une autre culture. Le profil DD dans la zone « résolue » indique que l’individu fait preuve d’intérêt et de curiosité devant les différences culturelles et n’évite pas les interactions avec des personnes aux références culturelles diverses. En outre, il est conscient de l’impossibilité et de l’absurdité d’établir une hiérarchie entre les cultures. Le profil de l’échelle R dans la zone « non résolue » signifie que l’individu revendique la supériorité absolue des autres cultures au détriment de sa propre culture. Le profil R dans la zone « résolue » signifie que l’individu ne présente pas une vision du monde polarisée et ne considère pas les autres cultures supérieures à sa propre culture. D’après le profil de l’échelle M en zone « non résolue », l’individu considère que tous les êtres humains sont similaires indépendamment de leurs références culturelles et/ou transpose ses propres valeurs culturelles aux autres cultures. Le profil M en zone « résolue » indique que

l’individu a résolu les questions liées à la similarité culturelle et à l’universalisme des valeurs et reconnait le rôle des différences culturelles dans la relation avec des personnes se référant à d’autres cultures. Le profil de l’échelle AA en zone « non résolue » révèle que l’individu n’est pas en mesure de reconnaître et respecter les différences culturelles et/ou de modifier ses perceptions et comportements en fonction du contexte culturel. Le profil AA en zone « résolue » met en lumière que l’individu comprend que les valeurs, croyances et comportements des êtres humains sont influencés par le contexte culturel et/ou arrive à adapter ses attitudes et comportements selon le contexte dans lequel il évolue. Finalement, le profil de l’échelle ME dans la zone « non résolue » indique que l’individu a du mal à s’orienter du fait de systèmes de référence trop divers, ce qui peut l’amener à des problèmes identitaires. Le profil ME dans la zone « résolue » révèle que l’individu a la capacité d’intégrer des identités culturelles multiples ou de gérer les différentes perspectives culturelles auxquelles il est confronté.

Les Figures 6 et 7 illustrent les principaux éléments qui composent le profil de sensibilité interculturelle d’une personne : tout d’abord, les scores de sensibilité perçue et de sensibilité interculturelle, ensuite les scores sur les échelles DD, R, M, AA et ME et leurs sous-échelles.

Figure 6 : Le profil interculturel : la sensibilité perçue et la sensibilité développementale (Hammer, 2008)

Par exemple, cette personne présente un score de sensibilité perçue (SP) de 130.49, percevant ainsi sa sensibilité interculturelle au stade d’adaptation. Cependant, sa position réelle sur le DMIS telle que mesurée par l’IDI est considérablement différente. En effet, avec un score de sensibilité développementale (SD) de 116.17, elle se situe au stade d’acceptation de la différence.

Figure 7 : La sensibilité interculturelle sur les cinq échelles (Hammer, 2008)

Conformément à son degré de sensibilité interculturelle, cette personne obtient des scores élevés sur les échelles DD, R et M, alors que son score sur l’échelle AA indique que certains éléments mesurés par cette échelle n’ont pas encore été résolus, notamment ceux liés au changement de perception et comportement en fonction du contexte culturel (sous-échelle Adaptation).

In document — Jesper Dahl (sider 36-59)