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Den handlende Smertensmann

6.2 Den talende smertensmann

6.2.1 Den handlende Smertensmann

Les infirmières sont conscientes du fait que ces modes de communication improvisés pour se faire comprendre sont parfois limités. Pontier évoquait également son travail de recherche, que la communication entre sourds et entendants était souvent "partielle, de courte durée et sommaire" (Pontier, 1999 : 116).

Emeline avoue que "sur la technique, je ne vois pas ce que je pourrai faire. Du moins, je me rends compte que je ne pourrai pas faire le même accueil et la même explication qu’à un autre patient." [Emeline : 15]. Elle reconnait l’inégalité des conditions d’hospitalisation entre sourds et entendants, à cause des difficultés de communication, mais aussi du manque de temps qu’elle évoque plus tard.

Fabienne reconnait la même insuffisance : "c’est un peu limité, quand même. Il ne faut pas s’en priver, mais c’est limité" [Fabienne : 9]. Elle évoquait le dessin comme mode de communication, et explique que même si cela ne permet pas une communication parfaite, il ne faut pas l’exclure.

63 3. Conclusion : une adaptation nécessaire

Quelque soit le mode de communication utilisé, et ils sont nombreux, les infirmières interrogées reconnaissent la nécessité de s’adaptation au sourd, que ce soit pour le moyen de communication, pour les soins, pour les explications…

Sabine considère que "c’est lui qui est en position difficile, donc c’est plus à nous de trouver les moyens pour arriver l’atteindre lui, plutôt que lui" [Sabine : 9]. Ainsi, la question est plus : "quel est son moyen de compréhension par rapport au mien et quel est le terrain commun que l’on peut arriver à trouver pour que l’on puisse faire passer le message" [Sabine : 8], "c’est arriver à trouver quel est son mode de fonctionnement le plus simple de compréhension et à nous de nous y adapter" [Sabine : 9]. Nous remarquerons au passage que Sabine ne parle pas de handicap, mais de "position difficile", ce qui nous semble tout à fait adapté à la situation de difficulté de communication. Sabine considère donc que c’est à partir de ce que sait, de ce qu’utilise le patient qu’il faut travailler et s’adapter.

Elle précise qu’il est nécessaire de prêter davantage d’attention aux patients sourds : "niveau relationnel, ça demande de / prendre d’autant plus de temps et d’efforts pour prendre le patient là où il en est avec ses connaissances et ses capacités." [Sabine : 14]. L’infirmière évoque cela dans un contexte particulier. Le patient sourd présent "n’avait pas les capacités d’apprentissage et de fonctionnement sur le corps humain qu’on peut demander à [un entendant de cet âge]" [Sabine : 14]. Cette situation est assez fréquente chez les sourds, qui possèdent souvent moins de connaissances relatives à la médecine et aux soins car elles sont généralement vulgarisées par les médias (Grégoire & Jehass, 2007). Il est donc nécessaire de compléter, de renforcer les savoirs nécessaires pour que le sourd comprenne la nature des soins, les traitements, l’adaptation, la maladie… On voit bien que l’infirmière considère ici le sourd comme un patient qui peut être en difficulté, et qu’il faut accompagner, mais pas assister. Son attitude nous semble bonne, même si elle ne précise pas comment elle va appliquer cela. En effet, apporter les connaissances nécessaires à la bonne compréhension de la situation, des savoirs nouveaux… contribuent à l’autonomie de la personne sourde.

Ludivine nous explique que la langue des signes et la connaissance des sourds permettent de mieux s’adapter aux sourds. Cela rejoint ce que nous évoquions précédemment : la meilleure connaissance d’un sujet entraine une meilleure réaction et évite des erreurs. "Je vais faire attention à elle, qu’il y a quelqu’un qui ne va pas la prendre de haut, mais que… je vais essayer de comprendre" [Ludivine : 36]. Nous notons que l’attention qu’elle porte à un patient sourd est toute particulière, justement parce que sa situation est singulière.

Emeline évoque la difficulté d’adaptation : "on ne peut pas demander de délai supplémentaire […] ça m’est déjà arrivé plusieurs fois d’essayer de le faire, […] ce n’est pas possible, c’est très très rigide." [Emeline : 15]. On sent ici une grande frustration, car il semble très difficile pour cette infirmière d’obtenir davantage de temps à un patient. Nous précisons qu’Emeline

64 travaille dans un service d’hospitalisation de jour, c’est-à dire qu’elle prépare le patient avant son passage en bloc opératoire, c’est pour cette raison que les délais sont courts.

Ces trois attitudes nous paraissent très positives par rapport aux sourds, la volonté d’adaptation est un signe d’efforts envers une population trop sont victime d’exclusion. Il nous semble cependant que cet effort n’est pas toujours suffisant sur le sujet, les entendants commettent des erreurs et n’ont pas les moyens de dépasser la différence que constitue la surdité.

III. LES MOYENS DE COMMUNICATION AVEC LES SOURDS

1. Le français sous toutes ses formes 1.1.L’oral : lecture labiale et oralisation

Dans la communication, il existe deux paramètres essentiels : la perception et la production. Pour percevoir le message oral de l’entendant, le sourd va utiliser la lecture labiale, ce qui constitue notre première sous-partie. En retour, le sourd peut produire un message vocal (ce n’est pas la seule possibilité qui lui est donnée), il va oraliser. Ce type de production est beaucoup plus difficile pour un sourd, car il ne possède pas de retour audio-phonatoire, que pour un entendant. La production vocale, aussi appelée oralisation, est notre seconde sous- partie.