XV
e-XVI
esiècles
peinture a secco sur enduit L. 390 cm ; l. 170 cmClassé au titre des monuments historiques (immeuble, liste de1862)
Restauré en 2007 par l’atelier Bis Budget : 16 4033 €
La mise en croix de Saint-André.
Cathédrale Saint-Mammès de Langres (Haute-Marne) © P. Stritt
Haute-marne langres Cathédrale saint-mammès
retrouver des tonalités plus vives grâce à leur net- toyage, puis l’ensemble de la couche picturale a été refixé. Les restaurateurs ont ensuite posé un enduit de comblement sur les lacunes. Ce dernier n’a pas été passé de manière systématique, afin d’ajouter le moins possible de matériaux à l’ensemble d’origine. Après ce masticage, la surface était prête à recevoir des retouches, exécutées selon la technique de la sélection chromatique ; autrement dit, les réintégra- tions picturales ont été peintes dans un ton proche du ton de la couche authentique, mais un peu plus clair, afin de faciliter la distinction entre parties originales et parties restaurées, tout en permettant de rendre au décor un peu de son unité. Les grandes lacunes ont, quant à elles, été poncées et recouvertes d’un badigeon à la chaux, composé de manière à se rapprocher le plus possible de l’aspect des pierres environnantes. La fresque est désormais lisible. André, au centre, se fait attacher à une croix latine
par deux personnages. La différence notable entre la Crucifixion de Saint-André et celle du Christ réside dans le moyen de fixation employé : alors que le Christ est cloué à la croix, Saint-André y est attaché au moyen de cordes. Au-dessus de lui apparaît la main de Dieu bénissant.
L’auteur n’a pas représenté le saint sur la croix en forme de X majuscule devenue son attribut : cet usage est très rare dans nos régions avant le XVe
siècle, et le développement de cette tradition a été assez lent.
Pour peindre cet épisode de la vie du saint, l’auteur du décor originel a utilisé un mélange de pigments et de colle animale, posée sur un enduit de préparation blanc.
La fresque a été redécouverte pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa mise au jour fortuite s’est faite au prix de dommages importants. En effet, lors de l’explosion qui la révéla, ce n’est pas seulement le retable dissimulant la scène, mais aussi deux sections du mur sur lequel la fresque avait été peinte qui ont été détruits. Ces deux trous furent comblés avec du ciment, expliquant la présence des larges lacunes rectangulaires situées de part et d’autre du sujet principal.
En 1965, la fresque fut restaurée une première fois. Quoique partant d’une bonne intention, cette inter- vention a contribué sur le long terme à dégrader la couche picturale, l’instabilité des matériaux dans le temps s’étant conjuguée à une réalisation peu soignée. L’ensemble nuisait à la fois à la compré- hension et à la perception des qualités esthétiques de l’œuvre.
Au moment de l’étude préalable aux travaux de restauration de 2007, la surface était encrassée, ponctuée de fissures et de lacunes. Les repeints à l’huile, postérieurs à une première campagne pic- turale, ayant mal vieilli, avaient noirci et rendu la lecture du décor ardue. Les deux grandes lacunes rectangulaires flanquant la partie centrale avaient été peintes façon faux marbre, sans grand rapport avec le style général de la composition. Mais le support était sain, aussi les restaurateurs ont-ils pu procéder directement au dégagement et à la mise à niveau des enduits qui masquaient la peinture en plusieurs endroits. Les zones encrassées ont pu
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L
’Ecce homo est situé dans la chapelle Sainte-Catherine, au niveau du chevet de la cathédrale. L’épisode représenté succède à la flagellation et au couronnement d’épines. Le procès de Jésus est presque conclu. Juché sur une haute terrasse, Ponce Pilate annonce aux Juifs représentés au premier plan : « Ecce homo », « voici l’homme » (Evangile de Jean, 19:5). Ces paroles désignent le Christ, appelé à paraître devant la foule, évoquée par les quelques personnages massés aux pieds du procurateur de Judée. Comme on peut le lire sur le phylac- tère situé près de la jambe gauche de Pilate, ils s’exclament : « Tolle crucifige eum », « Crucifie-le ». Sa condamnation est prononcée. Ici, le Christ est absent de la représentation. Le sujet de la seconde peinture murale est tiré du cycle de la Visitation. Marie est arrivée au terme du voyage qu’elle a entrepris pour rendre visite à sa cousine Elisabeth, après que l’archange Gabriel lui a annoncé qu’Elisabeth attendrait bientôt un enfant. La mise au monde miraculeuse - Elisabeth est stérile - du futur Jean-Baptiste devait avoir lieu trois mois plus tard.
Il s’agit ici de la rencontre et de la salutation mutuelle des deux cousines. Représentée à gauche, agenouillée aux pieds de Marie, Elisabeth s’incline en fait devant l’Enfant-Dieu que Marie porte en son sein.
Les supports de ces peintures ont été ménagés dans d’an- ciennes baies qui, à l’origine, ouvraient sur les chapelles voisines. Ils sont tous deux constitués d’un mortier de chaux et de sable grossier sur lequel a été passé, alors qu’il était encore frais, un lait de chaux à la consistance beaucoup plus fine, afin d’obtenir une surface lisse. Puis, cet enduit a été recouvert d’un badigeon de chaux, ocre jaune pour l’Ecce homo, blanc pour le rencontre de la Vierge et d’Elisabeth. Cette préparation a enfin été parée du décor que l’on connaît aujourd’hui.
Dans le cas de l’Ecce homo le mortier avait dans l’ensemble bien résisté au temps et aucune perte d’adhérence entre les différentes couches n’avait été constatée. En revanche, il manquait de cohésion au niveau de la partie supérieure de la Visitation. Les badigeons de chaux employés comme couche préparatoire étaient devenus friables et s’étaient soulevés en plusieurs endroits, emportant avec eux de multiples fragments - voire des pans entiers du décor. Les dégradations les plus importantes se trouvaient dans la partie supérieure de chacune