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CONCLUSION, IMPLICATIONS, AND OPPORTUNITIES FOR FUTURE RESEARCH In this paper, we aimed to answer two research questions: How do activities in the

Cette dernière contribution retrace les conditions intellectuelles et matérielles de notre recherche menée sur trois ans : dépôt du sujet à l’automne 2009, remise de la thèse aux membres du jury et soutenance à l’automne 2012. Des références antérieures seront fournies quand nécessaire, à commencer par le choix de mener cette recherche. L’interaction chercheur/société sera autant que faire se peut explorée et exposée.

Du choix par l’expérience

Avant de déposer ce sujet, nous avions envisagé un temps de travailler sur une approche géographique de la question publicitaire. Dans ce temps de discussion d’une possible recherche avec des géographes (directeurs de thèse potentiels ou non), nous avons pu mesurer les difficultés d’accès à la donnée publicitaire (propriété et confidentialité des données privées ou publiques, tant sur les coûts, les partenariats, les modes d’évaluation) et le risque qui en découlait de se rabattre sur une géographie des représentations appliquée à la publicité, ce qui n’était pas du tout notre projet. De ce qui est apparu comme une enquête impossible compte-tenu de l’état du champ, de notre disponibilité réelle (thèse non financée) et de notre profil engagé (peu propice à une thèse CIFRE), nous en avons conclu à l’impossibilité de mener un tel projet malgré son intérêt. Nous avions eu une longue discussion téléphonique avec Jean-François Staszak, notamment sur la spécificité de l’approche géographique d’un tel sujet, et plus généralement la géographicité d’un sujet de recherche en géographie et les normes relatives aux objets étudiés, aujourd’hui en France. Il y a longtemps, en 1987, nous avions soutenu un mémoire de maîtrise sur Les décharges d’ordures ménagères en

Loire-Atlantique, sous la direction de Jean Gouhier (Université du Mans, inventeur

de la « rudologie » à la française) et de Jean-Max Palierne, biogéographe. Plus tard, après plusieurs années dans l’enseignement secondaire public, nous avions passé un DEA de géographie (1994). Notre mémoire, soutenu devant un jury composé d’Alain Chauvet, Bernard Bousquet (Igarun, Nantes) et de Jean-Clément Martin (UFR d’histoire, Nantes) était intitulé L’école et la ville, un modèle

d’intégration socio-spatiale, essai de géographie. Ce travail montrait comment la

sociologie française s’était emparée, de manière très efficace, de la géographie de

l’école. Cet objet de recherche nous apparaissait pourtant dès les premiers temps

de l’enseignant travaillant dans des lieux précis (un lycée populaire et deux collèges mixtes à Nantes, un lycée d’un petite ville balnéaire, deux collèges en première couronne, l’un en zone pavillonnaire aisée, et l’autre à côté d’un grand ensemble monumental, etc.) comme profondément géographique. La variété locale de l’expérience scolaire et urbaine bousculait le projet personnel et invitait à une action en propre. Comment pouvions-nous récupérer cet objet et y faire de la géographie ? En 1995, nous endossions une agrégation d’histoire-géographie, opération économique et symbolique complexe qui modifiait certaines perspectives et nous permettait notamment de travailler comme Prag à l’Université de Nantes en 2008-2009. Dans ce cheminement d’enseignant et de géographe, nous lisons une continuité en dépit de l’apparente diversité des thématiques (les déchets, l’école, la publicité, la littératie), nous voyons des objets ordinaires de

l’expérience commune soumis à l’investigation géographique : rapport au lieu et à soi (identité, nomination et labellisation, frontière, mobilité), organisation de l’espace à travers la combinaison et la porosité d’espaces spécifiques, construction et évaluation des politiques publiques.

À partir de 1998, nous développons une pratique d’auteur (récit et fiction) qui aboutit à des publications de livres, des créations radiophoniques sur France- Culture et des performances. En parallèle, après des contacts avec des éditeurs installés à Nantes et un stage chez l’un d’entre eux, après la visite de plusieurs salons littéraires (Paris, Saint-Malo, des petits festivals de poésie), nous trouvons un accord avec l’éditeur nantais l’Atalante pour créer une collection de sciences humaines grand public. Elle s’appellera Comme un accordéon146 en référence à un texte de Blaise Cendrars. Nous avons alors comme projet de solliciter le « second livre » des géographes, celui que l’on ne voit jamais. Il s’agit de la matière écrite qui n’apparaît pas dans les thèses, les articles, les livres écrits selon la norme académique. Nous voulons aussi établir à cet endroit un lieu multidisciplinaire, un lieu de croisement. Entre 2000 et 2004, nous éditons une quinzaine de titres à l’Atalante :

> Marchands et citoyens, la guerre de l’Internet, Mona Chollet, illustré par Gébé (2001) > La jungle, la nation et le marché, chronique indonésienne, Frédéric Durand (2001) > La dette, roman de la paysannerie brésilienne, Maurice Lemoine (2001)

> Comment on enseigne l’histoire à nos enfants, Dominique Comelli (2001) > Amérique centrale, les naufragés d’Esquipulas, Maurice Lemoine (2002) > La paix dans le monde, Willem (2002)

> Des tyrannosaures dans le paradis, la ruée des transnationales sur la Patagonie chilienne, Philippe Grenier (2003)

> Bagoundié blues, petites lumières sur la boucle du Niger, Mohomodou Houssouba

(2003)

> Numéro d’écrou 20671 U, lettres au détenu José Bové, Patrick Herman et José Bové

(2003)

> L’histoire trouée, négation et témoignage en histoire, direction Catherine Coquio (2004) > Rien sans elles, de la parité en politique, direction Nicole Roux (2004)

> Gauche et gauchisme, de la première internationale à Porto Alegre, Octavio Rodrigez-

Araujo (2004)

> Les boîtes, les grandes surfaces dans la ville, René Péron (2004)

Dans cet ensemble, nous glissons notre propre Made in Korea, nouveaux

récits de Corée du Sud (2001). Avant ce temps d’écriture-édition, notre pratique

d’enseignant durant les années 90 avait inspiré une série de contributions en didactique de la géographie dans des revues (Géographes Associés, Mappemonde,

La Revue de l’IREHG) des lieux de formation (Universités d’été de l’Éducation

Nationale organisées par l’Association Française pour le Développement de la Géographie, colloque IUFM) À la même époque, nous participons également à la mutualisation de la profession sur l’internet, principalement dans deux listes de discussion, celle des Clionautes (compte-rendus de lecture en sciences sociales) et la liste ECJS (éducation civique, juridique et sociale), dont nous sommes alors l’un des co-modérateurs au niveau national. Au milieu des années 2000, pendant trois ans, nous sommes à l’état de « fonctionnaire en position de disponibilité » et 146 La collection existe toujours et a été reprise en 2006 par Hacène Belmessous.

http://www.l-atalante.com/index.php?

gagnons notre vie par la littératie : ateliers d’écriture, lectures, accompagnements éditoriaux, pour et avec des institutions (établissement scolaire, bibliothèque, Jeunesse et Sports, ville, formation continue adultes, insertion des jeunes), premières vacations à la « faculté de géographie ». De cet ensemble d’actes dans et autour de la géographie, dans et autour la littératie, nous voyons alors finalement l’opportunité d’engager le travail sur cet objet, cette matière. La rencontre avec le directeur de thèse et quelques allers-retours en géographicité scellent le sujet et débutent la recherche dont on voit qu’elle s’appuie autant sur la bibliographie préalable que sur ce que l’on pourrait qualifier de « pré-terrains », en tous cas une expérience qui dépasse les trois ans du doctorat et renvoie à l’identité et à la biographie du chercheur.

À l’expérience du choix, la recherche-action et la méthodologie

Après avoir identifié notre projet intellectuel, nous avons élaboré un plan de travail : des acteurs, des matériaux, des lieux, des espaces, géographiquement sensibles à différentes échelles, une méthodologie composite, des précautions à prendre. Dans un premier temps, nous essayons d’incorporer positivement l’expérience préalable à la recherche et le statut privé du chercheur dans cet espace nommé littératie. Auteur, le chercheur est aussi éditeur, dans une petite maison d’édition associative, À la criée, projet singulier, mais investi et persistant qui annonce une ligne autour des géographies. Nous avons choisi d’assumer cette position dans le champ sous la forme de la recherche-action. Pour la majorité de nos interlocuteurs, si ce n’est la quasi-totalité (en fonction des conditions spécifiques de chaque rencontre), je suis un chercheur français, doctorant, mais qui écrit et édite aussi des livres en dehors de l’Université. Plusieurs raisons à cela, d’abord, le fait que nous préférons annoncer nous-mêmes cette « couleur » (y compris parfois par la remise d’un catalogue ou d’un texte) plutôt que des interlocuteurs ne la découvrent eux-mêmes en « googlelisant » le chercheur (par exemple). Ce rôle nous place vis-à-vis d’un certain nombre d’interlocuteurs comme un pair, un égal, différent, mais quelqu’un qui fait bien le même métier dans un autre ailleurs.

Cela nous a amené, par exemple, à éditer Les Fleurs du Mali de Charles

Baudelaire147, un « deuxième livre de géographe » à Bamako en 2011 à l’imprimerie Jamana, l’opérateur historique du livre indépendant au Mali. En Corée du Sud, la pratique formalisée de l’échange des cartes de visite lors des entretiens nous ayant pris au dépourvu, c’est avec une carte de visite « artistique » que nous pallions l’absence de la « première » carte. Cela a souvent permis de détendre l’entretien dès les premières minutes et d’ouvrir vers une approche compréhensive et non institutionnelle, en nous éloignant ainsi du formalisme parfois sévère du rendez-vous institutionnel coréen avec un interlocuteur étranger mal identifié. Dans des circonstances qui s’y prêtent, nous présentons aussi notre projet de développement de collection jeunesse « français + une autre langue » dans ce qui pourrait être une posture interculturelle. Plastique, garantie d’une certaine transparence et d’une réelle proximité aux acteurs locaux, ce profil de recherche-action n’est ni un sésame, ni une panacée. Il s’est trouvé adapté à une thèse non financée autrement que sous le régime de l’Ater, à des temps de terrain comprimés et à une variété de situations et d’acteurs. Nous en assumons les 147 Texte non académique, récit de voyage en poésie urbaine. Les Fleurs du Mali de Charles Baudelaire, part 1 Komaba blues, part 2 Takamba tour, avril 2011, éditions à la criée – à lire dans l’annexe numérique.

défauts qui ont pu survenir d’un manque de temps et de moyens ou d’une trop grande proximité.

La méthodologie se décompose en trois série d’actes, théoriquement séparés, mais constamment mêlés : entretiens, création de données par l’observation directe et collecte de données existantes. Nous avons réalisé une centaine d’entretiens, au Mali, en Corée du Sud et en France (Nantes et Paris). Les premiers entretiens (Paris, printemps 2010) ont été enregistrés sur un zoom H2 numérique, en doublon d’une prise de notes sur un cahier à spirale. Nous n’avons pas vu, compte-tenu de notre projet, hors l’extrême consommation de temps que génère la réécoute, de gains substantiels entre une exploitation rapide des notes, via la mémoire récente, et le travail sur les enregistrements. Lors du terrain malien, après plusieurs discussions préalables avec des Maliens de l’extérieur et de l’intérieur, nous avons décidé ne pas utiliser l’enregistreur. À postériori, nous pensons que cela a grandement favorisé la libération de la parole sur différents sujets de discussion conflictuels. C’est donc sur un autre cahier à spirale (2011), puis un gros carnet de dessin (2012) que nous avons réalisé nos prises de note. En Corée du Sud, pour des raisons liées à la présence le plus souvent nécessaire d’une interprète coréenne et du temps décalé de la traduction, nous nous sommes également abstenus d’enregistrer et avons procédé de même qu’au Mali, avec une fréquente relecture avec l’interprète pour régler quelques difficultés de translittération des noms de personnes et de firmes. Pendant ces entretiens et dans d’autres situations spécifiques, nous avons réalisé des observations, comportant parfois une trace photographique : description de lieux (école, bibliothèque, lieu de vente, espace publicitaire, etc.), d’acteurs et de comportements dédiés.

La collecte de données existantes a été menée en parallèle, elle nous est apparue parfois un peu extravagante. Au Mali, le chercheur français a eu, au moins une fois, facilement accès à des ressources du ministère de l’Éducation qu’un universitaire, géographe malien, nous disait ne pouvoir se procurer ; nous avons alors transféré ces données à notre collègue. En Corée, nous avons pu observer comment, sous les apparences du même, la production de statistiques s’organise bien dans un cadre de pensée national. À Paris, l’entretien au Syndicat national de l’édition, organisateur du salon du Livre, tourne court. Hormis le tout-venant de récents catalogues, le partenariat avec le prestataire (Reed Expositions France) et le SNE n’autorise aucun transfert de données148. Nous sommes naïvement éconduits. Notre collecte de données est disparate et supporte des réserves variables sur la qualité des éléments collectés. Il n’y a pas d’unité statistique possible entre nos terrains par le moyen de la simple collecte. Enfin, tant au Mali qu’en Corée du Sud, nous avons pu être hébergé chez des habitants. Cet apport à la recherche est tout sauf négligeable. L’approfondissement de l’échange sur la durée (plusieurs semaines ou mois), la remontée de réseaux, la reformulation (récits, hypothèses), l’écart au sujet, mais qui y ramène par surprise, sont autant de situations dont nous sommes infiniment gré à nos hôtes. Cette relative « disparition » dans le territoire vernaculaire a été rendue possible par le mélange des opportunités de rencontre préalablement organisées : réseau amical préalable, réseau universitaire, réseau du champ littératique, réseau des expatriés français, réseau social d’échange mutualisé d’hébergement, réseau militant, rencontres de hasard. De ces croisements est sorti le réel de nos terrains.

148 Non directement subventionné, le Salon du Livre bénéficie néanmoins d’un apport d’argent public d’un montant considérable (stands des régions, des institutions publiques, etc.)

Les terrains

Dans notre perspective scalaire, le choix des terrains devait assurer un balayage correct de la gamme en relation avec la thématique et la faisabilité. Il ne s’agit pas alors ici d’accumuler des terrains, mais de préciser que cette monstration de formes géographiques aurait pu être autre. Tel terrain aurait pu remplacer tel autre, telle expérience telle autre. Il n’y a pour nous aucun problème à l’affirmer, au regard de notre hypothèse, et, au fond, cet apparent aléa participe à la légèreté du monde social149 et à la distance au sujet. Néanmoins, l’expérience accumulée par le chercheur dans ses activités antérieures ou parallèles, une expérience incorporée dans sa propre bibliothèque personnelle et dans la recherche-action, permet des transferts fructueux entre l’incorporé et l’incorporable. Nous nous souvenons que nous n’entendons pas l’échelle comme une pile d’assiettes. Nous choisissons de réaliser des études par des entrées scalaires différentes, nationale, infra-nationale et supra-nationale. Mais à l’intérieur de chaque entrée se rejoue l’ensemble des niveaux d’analyse et d’action.

Les deux terrains nationaux sont a) la République du Mali (Mali) b) la République de Corée (Corée du Sud). Le choix des deux pays d’enquête, avec le référent français en arrière-plan, répond ici aux types de considérations évoqués plus haut : facilités d’accès par une connaissance antérieure (voyages, réseaux personnels, bibliographie, construction de cours), facilités linguistiques, modalités financières et logistiques de la recherche. Quand le Mali semble se représenter comme un État-nation postcolonial multiculturel, aujourd’hui traversé par une crise sans précédent, la Corée du Sud figure un État-nation à longue maturation et forte homogénéité culturelle malgré la partition violente de la nation coréenne réalisée entre 1945 et 1953. Ces deux expériences nationales et étatiques sont très différentes tant dans le domaine linguistique (du monolinguisme apparent au babélisme revendiqué) qu’économique (deux processus historiques et deux développements originaux et bien tranchés). Avec 14,5 millions de Maliens et 49,2 millions de Sud-Coréens au tournant de la décennie, ces deux pays forment des « marchés » de lecteurs et de scripteurs de petite taille pour le premier, de taille moyenne pour le second, inférieurs au nôtre et bien plus encore au marché étatsunien (308,7 millions), indien (1,185 milliard) ou chinois (1,338 milliard). La taille du marché évoquée ici est théorique, car celle-ci est réglée justement par les politiques de littératie et la singularité des trajectoires nationales. Au regard abusif de celui qui fait de l’Occident la matrice unique de la littératie mondiale, l’exemple coréen (sino-coréen pour être historiquement juste) rappelle que de nombreuses littératies ont balisé le monde depuis les temps historiques et, qu’aujourd’hui, les catégories du pauvre et du riche, du lettré et du non-lettré n’opposent pas l’Occident au reste du monde.

Les terrains d’échelle infra-nationale sont :

a) les îles Aran, un haut-lieu de la littérature mondiale et de la littératie irlandaise, une résidence d’écriture et pourtant un espace ultra-périphérique ; la connaissance des lieux amène ici le chercheur à maîtriser la bibliographie complète de l’archipel (avec ses catégories, bibliomasse, bibliodiversité, bibliome) pour explorer les conditions de production du haut-lieu et celles de sa reproduction contemporaine, la possibilité de voir là un processus de glocalisation observable dans d’autres lieux.

b) le provincialisme et la montée annuelle des petits éditeurs ligériens au

Salon du Livre de Paris ; chaque année, la région des Pays de la Loire finance et coordonne la présence d’une quinzaine de petits éditeurs régionaux dans ce grand événement de la profession ; quelle est le sens géographique de cette forte dépense pour l’acteur public et pour les éditeurs ? Nous souhaitons questionner ce geste avec le concept de provincialisme. Le don du livre vient en contrepoint, car nous faisons l’hypothèse que c’est un autre provincialisme d’échelle mondiale. Nous étudierons comment les conditions de sa réorganisation par les ONG dédiées remettent en cause cette idéologie.

c) la bibliothèque embarquée d’étudiants en géographie représentée sous forme cartographique ; un travail de spatialisation mené avec plusieurs centaines d’étudiants de L1 et L3 de l’université de Nantes, depuis 2009, qui révèle la richesse d’invention et de transfert des étudiants confrontés à cette commande très inhabituelle, qu’ils soient « grands » ou « petits « lecteurs », tous géographes. Nous voyons dans ces étudiants des acteurs ordinaires de la bibliothèque capables de nous aider à nous représenter la littératie comme une ethno-méthode150 et une incarnation.

Les trois terrains d’échelle supra-nationale sont :

a) le prix Nobel en tant qu’il est un espace de légitimation littéraire d’échelle mondiale. Il montre à la fois une très forte polarisation spatiale et un intérêt récent pour les mobilités ; il s’agit d’une enquête géographique sur les profils et les parcours de la série statistique des écrivains nobelisés et qui soumet le prix Nobel soumis au distant reading.

b) la géographie inédite de l’internet, espace universel dans son projet, localisé et polarisé dans sa réalité concrète, ubiquitaire dans sa géographie interne ; ce terrain sera traité au fil des autres terrains. C’est sa présence ordinaire que nous voulons d’abord restituer : rapport entre le monde analogique et le monde virtuel, usages et représentations de ces outils. C’est dans la conclusion que nous essaierons d’en rendre compte.

c) le don international de livres, un flux culturel humanitaire en crise de légitimité ; l’enquête est restreinte au cas français, mais sur la base d’éléments significatifs de pratiques similaires dans l’ensemble des pays développés, en cours ou résiduelles. L’enjeu du don international de livres peut sembler mince, replacé dans une approche systémique, il ne l’est pas du tout. Cette entrée sera travaillée avec celle des petits éditeurs montés au Salon du livre de Paris. Dans ces deux situations, nous voulons interroger le provincialisme, qui peut s’entendre aussi à l’échelle mondiale.

Nous pouvons aussi nommer des terrains envisagés puis abandonnés : le Canada, la revue Livres Hebdo du SNE (sous forme d’un dépouillement statistique et orienté vers la cartographie pour produire une vision nationale de l’édition française), les grandes bibliothèques historiques, la réunification de la littératie allemande, la littératie des migrants roms dans une métropole attractive, etc..

Le choix et la conduite des entretiens